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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2013, Heli est le troisième long-métrage du réalisateur Amat Escalante, qui continue d'explorer la violence au Mexique. Un film brillamment construit pour une vision sans concession du pays.

 

 

Affiche-Heli.jpg


 

Au Mexique, la famille d’Estela, une jeune fille de 12 ans est prise dans un engrenage de violence lorsque celle-ci tombe amoureuse d’un jeune policier impliqué dans un détournement de drogue.

 

 

 

 


 

Amat Escalante avait déjà frappé fort avec ses deux premiers films, Sangre (2005) et Los Bastardos (2008). Fidèle à son habitude de montrer la violence au Mexique, il engage une nouvelle fois des acteurs non-professionnels qui se révèlent hurlant de vérité. Et à ceux qui trouveraient le film insoutenable, le cinéaste répond : "Je cherche à montrer et à faire partager au spectateur. Je montre des situations extrêmes. Au Mexique, tout le monde vit avec une forme de peur au ventre. La violence est une réalité de chaque instant, même s’il ne vous affecte pas directement." Ainsi, dans Heli, il met en scène un jeune homme (portant ce prénom) qui tente de survivre à une extrême précarité. Heli vit avec sa jeune femme et leur bébé ainsi que sa sœur et son père, qui travaille, comme lui, à l'usine automobile de la région. Le jour où un détournement de drogue débarque par surprise dans leur vie, tout volera en éclat.

 

La première séquence du film, sans dialogues, est implacable. Chargé dans un pick-up, un homme est emmené pour être pendu à un pont au beau milieu de la route, une image assez répandue au Mexique si l'on en croit le réalisateur : "[Cette image] est présente dans les journaux sans arrêt. (…) Derrière chaque image comme celle-ci, il y a du drame humain, des innocents victimes d’une violence aveugle…" Amat Escalante nous plonge dans le quotidien plutôt miséreux d'une famille qui peine à subsister. Estela, la petite sœur d'Heli, à peine 12 ans, est amoureuse d'une petite frappe, en école de police, qui va faire le mauvais choix de détourner de la cocaïne pour financer leur mariage et leur future vie à deux. Après une première moitié de film passée à exposer la vie de la famille, la seconde partie va voir un déferlement de violence, à l'image de celle des cartels de la drogue et des différents acteurs du trafic mexicain (la police joue un rôle trouble). La mise en scène est précise, les plans sont habilement composés et Amat Escalante prouve une totale maîtrise de sa caméra, entre découpage intelligent et plans-séquences virtuoses. Au cœur du film, une scène de torture rendue insoutenable par le regard d'enfants dont on imagine qu'il s'agit là de leur quotidien. Amat Escalante ne se complait pourtant pas dans la violence, puisque son film offre, en dépit de tout, une volonté de s'en sortir, de relever la tête, à l'instar des personnages principaux, Heli et Estela, interprétés par deux jeunes exceptionnels, Armando Espitia et Andrea Vergara. Les deux derniers plans, entre renaissance et reconstruction, sont remplis d'espoir, comme la végétation reprenant ses droits sur une terre ravagée.

 

 

...HB...

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