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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Près de dix ans après son premier essai, Yolande Moreau signe son deuxième film en tant que réalisatrice avec Henri, une comédie sensible portée par des acteurs épatants. Un vent (du nord) de tendresse et d'humour souffle en cette fin d'année.

 

 

Affiche-Henri.jpg


 

Henri, la cinquantaine, d’origine italienne, tient avec sa femme Rita un petit restaurant près de Charleroi, "La Cantina". Une fois les clients partis, Henri retrouve ses copains, Bibi et René, des piliers de comptoirs ; ensemble ils tuent le temps devant quelques bières en partageant leur passion commune, les pigeons voyageurs. Rita meurt subitement, laissant Henri désemparé. Leur fille Laetitia propose alors à Henri de se faire aider au restaurant par un "papillon blanc", comme on appelle les résidents d’un foyer d’handicapés mentaux proche de "La Cantina". Rosette est de ceux-là. Elle est joyeuse, bienveillante et ne voit pas le mal. Son handicap est léger, elle est simplement un peu "décalée". Elle rêve d’amour, de sexualité et de normalité. Avec l’arrivée de Rosette, une nouvelle vie s’organise.

 

 

 

 


 

Yolande Moreau est une actrice singulière et reconnu depuis assez peu de temps, finalement. Quelques années avant son triomphe dans le rôle de Séraphine, elle a coréalisé avec Gilles Porte le très beau Quand la mer monte (2004), récompensé par un César du meilleur premier film. Le scénario de Henri, elle l'a en tête depuis une dizaine d'années. En 2011, alors qu'elle est chimiothérapie pour un cancer du sein, elle en profite pour se replonger dans l'écriture et achève ce nouveau script, tourné, encore une fois, en Belgique, dans sa région, près de la Mer du Nord.

 

Henri (Pippo Delbono, génial en homme taiseux mais généreux) tient un petit resto avec sa femme Rita (Lio, étonnante). Quand elle meurt, il se fait aider au service par un "papillon blanc", une jeune handicapée mentale de l'institution voisine. La première partie du film, centrée autour du resto, s'attache à montrer le quotidien d'Henri, avec sa lassitude mais aussi ses habitués, ses copains de comptoir (Jackie Berroyer et Simon André font une paire impayable) et sa fille, qui voudrait l'aider à tout gérer, même malgré lui. L'arrivée de Rosette, le papillon blanc (stupéfiante Candy "Miss" Ming), va bouleverser cet équilibre précaire. En plein désir de renouveau, une belle relation va naître entre eux, ni vraiment de l'amour, ni vraiment de l'amitié, mais une complicité singulière et un attachement véritable.

 

La grande force du film est sa générosité et la tendresse de son regard. Yolande Moreau filme avec bienveillance les "petites fêlures", les gens un peu fracassés par la vie, ceux que la société ne porte pas aux nues (handicapés, pauvres, vieux…). Mais la mise en scène ne manque pas de poésie, comme un somptueux lâcher de 4500 pigeons (Henri est colombophile) dans un ralenti onirique et devant le regard ébahi de Rosette. La réalisatrice (qui s'offre un petit rôle extrêmement drôle) saisit les "petits riens" de l'existence des gens "simples" sans aucun mépris, bien au contraire. Henri est un hymne à la liberté et à la tolérance, un beau film mélancolique mais plein d'espoir.

 

 

...HB...

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