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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

James Franco s'associe à Travis Mathews pour Interior. Leather Bar., une tentative de reconstitution d'un bout de film censuré de Freidkin autant qu'une interrogation sur la représentation de l'homosexualité dans le cinéma américain. Un peu décousu mais parcouru de questions très intéressantes, le film s'avère un éclairage bienvenu sur la question actuelle du traitement de la violence et du sexe au cinéma.

 

Affiche-Interior.jpg

 

Une aventure audacieuse explorant certaines thématiques gays, se basant sur les scènes coupées du film culte Cruising (La Chasse)de William Friedkin.

 

 

 

 


 

En 1980, William Freidkin signait Cruising, un film controversé qui mit le feu aux poudres tant des censeurs que de la communauté homosexuelle. Al Pacino y incarnait un policier hétérosexuel infiltré dans le milieu SM gay pour enquêter sur le meurtre d'homos. 40 minutes du film furent coupées, s'agissant d'une orgie dans une boite gay sado-maso jugée choquante. D'un autre côté, la "communauté" homosexuelle s'insurgeait contre une représentation péjorative et truffée de clichés sur son prétendu mode de vie, présentant la marge comme une tendance majoritaire. Travis Mathews, auteur du très remarqué I want your love cette année, a voulu reconstituer ces 40 minutes aujourd'hui disparues et s'est adjoint l'aide de James Franco, touche-à-tout inclassable et surdoué, tant pour la fabrication que pour la promotion de ce projet.

 

On comprend vite que la reconstitution de la scène manquante de Cruising n'est pas l'objectif principal du projet, et c'est tant mieux (si tu veux voir un porno gay, tu t'es trompé de salle…). James Franco et Travis Mathews s'interrogent sur le cinéma et le traitement des images aujourd'hui. Si la violence est omniprésente dans le cinéma américain, et parfois de manière insoutenable, le sexe (et encore plus le sexe gay) est traité de façon très édulcorée. A l'heure où l'on vote peu à peu pour l'égalité des droits, le cinéma reste très complexé avec le sexe gay, parfois suggéré, souvent autocensuré. James Franco n'a pas l'habitude de se mettre des barrières. Il tourne aussi bien pour Disney (Le monde fantastique d'Oz) que pour Harmony Korine (excellent dans Spring Breakers), des comédies potaches (le récent C'est la fin) ou ses propres réalisations. Acteur et réalisateur fascinant, James Franco entend bien contribuer à abattre certains tabous dans le cinéma américain. La thèse du film est une volonté de normaliser le sexe gay, volonté certes un peu naïve mais salutaire. Alors que la violence la plus crue envahit les écrans multimédias, le sexe doit avoir son droit de cité. Les scènes dans le bar SM sont d'ailleurs filmées avec esthétisme, loin du cliché de film porno sale et en vue d'une consommation onanistique. Cette réflexion sur la liberté sexuelle et la liberté d'expression est rondement menée en 60 minutes d'un documentaire un peu éparpillé mais intelligemment conçu.

 

 

...HB...

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