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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 00:25

 

Clint Eastwood, 81 ans, légende du cinéma américain, livre son film sur une autre légende, le patron controversé du FBI, J.Edgar. Leonardo DiCaprio incarne un homme complexe dans un drame classique, émouvant et réussi.

 

 

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Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

 

 

 

 



Depuis les années 1990, Clint Eastwood est un réalisateur à part entière, respecté et reconnu. On ne compte plus ses succès au box-office. En France, depuis quatre ans, chaque hiver est ponctué par une nouvelle production. Après le chef-d'œuvre Gran Torino sorti en février 2009 et ses 3,4 millions d'entrées (lire l'article du 1 mars 2009), Invictus en janvier 2010 (lire l'article du 18 janvier 2010) et Au-delà en janvier 2011 (lire l'article du 26 janvier 2011), Clint Eastwood livre J.Edgar, qui est autant un biopic sur John Edgar Hoover, le mythique patron du FBI, qu'une chronique sur une histoire des USA et un mélodrame intime.

L'aspect biopic du film est un prétexte à raconter l'histoire d'un homme pétri de frustrations et d'angoisses dans une Amérique puritaine. Hoover a été le premier patron du FBI, en 1924, jusqu'à son décès en 1972. Avec un montage alterné entre les époques et une réalisation classieuse, Clint Eastwood ose même une surprenante déstructuration du temps avec d'audacieux flashbacks dans les flashbacks, accentuant la mise en abime des démons de cet homme. Clint Eastwood est républicain et ne cherche pas souligner plus que ça les dérives autoritaires et les procédés douteux du FBI sous couvert de protéger les USA. Ce qui l'intéresse et nous intéresse, c'est la psychologie de Hoover, sa manière de refouler tout sentiment, et même d'ignorer sa propre homosexualité. Tourmenté par ses secrets, il va fouiller la vie des autres et archiver leurs travers et leurs secrets inavouables. On finit par se demander s'il n'a pas créé le FBI pour protéger ses secrets à lui, comme une immense forteresse, mais aussi une prison.

Officiellement, on ne sait rien de précis sur la vie privée de Hoover, mais il est presque certain qu'il a eu une relation avec son bras droit Clyde Tolson (admirablement incarné par l'excellent Armie Hammer), avec qui il dîna tous les soirs pendant plus de 40 ans et qui fut son héritier. Son conflit intérieur est mis en parallèle avec la relation fusionnelle qu'il entretenait avec sa mère, possessive et dans l'obsession que son fils soit "quelqu'un". "Je préfère avoir un fils mort qu'un fils pédé" lui déclare-t-elle quand il tente de lui avouer son désir pour les hommes. Coincé dans son bureau et ses costumes sur mesure, le patron du FBI pourra compter sur la fidélité de Clyde Tolson mais aussi celle de sa secrétaire Helen Gandy (Naomi Watts), restée célibataire. Une sorte de chaste ménage à trois entre les trois membres historiques du Bureau.

Obsessionnel, parfois cruel et incapable d'exprimer ses sentiments, Hoover n'est pas le héros-type, le personnage aimable, mais Eastwood réussit à nous le présenter sous un jour humain, quitte à prendre des libertés avec la vérité historique. Mais qu'importe, J.Edgar est un beau moment de cinéma.

 

 

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Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
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