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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

En compétition au Festival de Cannes 2014, Jimmy's Hall est le nouveau film de Ken Loach, présenté potentiellement comme sa dernière fiction. Dans l'Irlande des années 30, le cinéaste interroge l'engagement et retrace le parcours de Jimmy Gralton, un activiste qui finira par être expulsé de son propre pays.

 

 

Affiche-Jimmy-s-Hall.jpg


 

1932 - Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s'occuper de la ferme familiale. L'Irlande qu'il retrouve, une dizaine d'années après la guerre civile, s'est dotée d'un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis. Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l'Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le "Hall", un foyer ouvert à tous où l'on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l'influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

 

 

 

 


 

En 2006, Ken Loach a reçu la Palme d'or pour Le vent se lève, film historique retraçant le conflit pour l'indépendance de l'Irlande. Huit ans plus tard, il signe un film qu'il juge lui-même complémentaire de ce travail sur l'histoire, Jimmy's Hall, inspiré de la vie de Jimmy Gralton, un activiste communiste irlandais parti aux Etats-Unis et qui revient dans son village natal en 1932 pour aider sa mère à la ferme et retrouver une vie paisible. Mais les jeunes vont lui demander de rouvrir le Hall, le dancing, créé dix ans auparavant et dans lequel des bénévoles donnaient des cours de danse, de musique, de chant et d'arts plastiques. L'Eglise catholique ne voit pas cette réouverture d'un bon œil.

 

Comme souvent chez Ken Loach, le scénario est didactique et la couture est apparente dans une construction brodée pour soutenir un message politique. Mais la mise en scène fluide et l'interprétation excellente (Barry Ward et Simone Kirby sont des révélations) emportent ces petits écueils. Le film met intelligemment en avant le mariage de raison entre l'Eglise et le gouvernement, avec un ennemi commun et qui veulent éradiquer cette "maison de la culture" sacrilège pour les uns et nid de communistes pour les autres. Ken Loach montre Jimmy Gralton comme un activiste certes têtu et passionné, mais avant tout généreux, intègre et courageux, qui finit même par obtenir le respect du prêtre, pourtant en partie responsable de son expulsion. Mais l'homme à la soutane sera bien obligé de reconnaître la force d'engagement et la foi (toute laïque) de son rival. Tout le monde essaiera de protéger Jimmy, à commencer par sa mère, personnage pudique et émouvant, notamment dans une belle scène où elle offre le thé aux policiers venus arrêter son fils, qu'elle connaît depuis toujours et qu'elle va duper néanmoins pour permettre à son fils de s'échapper. Pour cette fois, du moins. Si ce film est présenté comme sa dernière fiction, Ken Loach ne compte pas s'arrêter là et va se remettre au documentaire, politico-historique, à n'en pas douter. Jimmy's Hall n'est pas le chef-d'œuvre ultime d'un grand cinéaste mais une conclusion logique, malgré un mode mineur.

 

 

...HB...

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