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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

David Gordon Green adapte Larry Brown avec Joe, un film ancré dans le sud des Etats-Unis, entre destin tragique, drame social et possibilité de  rédemption. Nicolas Cage et Tye Sheridan forment un tandem impressionnant.

 

 

Affiche-Joe.jpg


 

Dans une petite ville du Texas, l’ex-taulard Joe Ransom essaie d’oublier son passé en ayant la vie de monsieur tout-le-monde : le jour, il travaille pour une société d’abattage de bois. La nuit, il boit. Mais le jour où Gary, un gamin de 15 ans arrive en ville, cherchant désespérément un travail pour faire vivre sa famille, Joe voit là l’occasion d’expier ses péchés et de devenir, pour une fois dans sa vie, important pour quelqu’un. Cherchant la rédemption, il va prendre Gary sous son aile…

 

 

 

 


 

David Gordon Green, réalisateur de la comédie déjantée Délire Express, connaît bien le Texas pour y avoir grandi, à défaut d'y être né. Déjà, dans son précédent film, Prince of Texas (lire l'article du 2 novembre 2013), il plaçait l'action au cœur d'une forêt boueuse du sud des Etats-Unis. Avec Joe, il adapte un roman de Larry Brown (paru en 1991) et qui s'intéresse au déterminisme social et familial, sous forte influence alcoolisée, à l'image de l'écrivain. Nicolas Cage, qui revient de loin après un nombre incalculable de navets tournés dans le seul but d'éponger ses dettes, incarne Joe, un homme violent et alcoolique, qui a passé quelque temps en prison pour avoir tabassé des flics, qui gardent, à l'exception du shérif bienveillant, une profonde rancœur. Dans le Texas profond, il emploie des saisonniers pour empoisonner des arbres que l'Etat interdit d'abattre s'ils ne sont pas morts…

 

Devant Joe, on pense nécessairement à Mud de Jeff Nichols (lire l'article du 6 mai 2013) sorti un an auparavant. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard, les deux réalisateurs se connaissant depuis la fac et ont été ensemble assistants sur un documentaire consacré à leur écrivain préféré, Larry Brown, dont est inspiré Joe. Les deux films appartiennent à ce genre que l'on appelle le southern gothic, dans la boue du Texas profond, et ils partagent des thèmes communs : le père de substitution et le père défaillant, le récit initiatique d'un adolescent. Mud et Joe partagent, en outre, le jeune acteur Tye Sheridan, extraordinaire et devenu une figure du cinéma indépendant à 17 ans et en seulement deux films remarquables (Mud et la Palme d'or de Terrence Malick The tree of life).

 

David Gordon Green installe habilement son intrigue, présentant en parallèle Joe, sous une pluie battante, chef d'une équipe de travailleurs, et dont on comprend rapidement que son équilibre ne tient qu'à un fil, et Gary, un adolescent qui fait face à un père violent, destructeur et avec qui il vit dans un taudis. Les enjeux sont limpides : Joe cherche la rédemption tandis que Gary doit tuer le père (au propre comme au figuré ?) pour enfin exister. Le réalisateur n'évite pas certaines lourdeurs mais offre un film habité et porté par des interprètes exceptionnels, dont Gary Poulter, qui campe le père de l'ado, un vieux vagabond repéré par hasard et qui pratiquait le break-dance et menait une vie de misère. Il est décédé après le tournage sans avoir pu voir le film.

 

 

...HB...

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