Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Pour son premier film, Juliette, Pierre Godeau entreprend de dresser le portrait d'une génération à travers une jeune femme de 25 ans. Poseur et prétentieux, le film condense tous les défauts d'un cinéma bourgeois qui se regarde le nombril.

 

 

Affiche-Juliette.jpg


 

Juliette a 25 ans, l’âge des possibles, l’âge des amants... Issue d’une génération qui pour ne pas pleurer choisit de rire – Juliette va pourtant devoir grandir...

 

 

 

 


 

Pierre Godeau, fils du producteur et réalisateur Philippe Godeau, passe au long-métrage après quelques courts-métrages et clips, notamment pour Angus et Julia Stone. Ce premier film est d'ailleurs baigné d'une musique trop présente et qui ne masque pas l'absence de mise en scène. La bande-son est de qualité, même si très branchouille (Camille, Antony & the Johnsons, The Do, Devendra Banhart…), mais n'est pas Sofia Coppola qui veut. D'ailleurs, Pierre Godeau ne se cache pas de cette influence, quitte à se considérer l'équivalent masculin de sa consœur américaine, qualifiant l'image de son film "intemporelle et naturaliste". Sofia Coppola pense à la musique en amont, la comparaison s'arrête là. Car même si la réalisatrice est elle aussi "fille de" et issue d'un milieu privilégié, elle sait tenir une certaine distance critique avec ce qu'elle filme. Pierre Godeau regarde avec complaisance son petit milieu.

 

Juliette est une jeune femme de 25 ans qui, face au deuil prochain de son père, refuse de grandir et de prendre ses responsabilités d'adulte. Elle vit dans un bel appartement payé par papa, ne travaille pas (pourquoi faire après tout ?) et griffonne des histoires sur un cahier. La jeune femme se comporte sans cesse et avec tout le monde (sa sœur, ses amis…) avec égoïsme et immaturité, à tel point qu'on se demande comment celui qui se considère comme son petit ami (mais qu'elle méprise, bien sûr) peut la supporter. Face à un tel personnage, le spectateur ne peut ressentir que de l'agacement et pas la moindre empathie, d'autant plus que la jeune actrice Astrid Berges-Frisbey est calamiteuse. Quant à la mise en scène de Pierre Godeau, elle puise tour à tour chez Gondry (pour les inserts bricolés prétendument poétiques), Doillon et dans l'idée que se fait le réalisateur de la Nouvelle Vague. Mais ici pas la moindre trace de sincérité, tout est fabriqué (Juliette sort de la douche, s'assoit dans son lit, regarde la vue sur les toits de Paris et mange une fraise en pensant à ce qu'elle va faire). Le navet de l'été est arrivé.

 

 

...HB...

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog