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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 00:47

 

Frédéric Beigbeder a décidé d'adapter lui-même son roman L'amour dure trois ans. Il passe pour la première fois derrière la caméra en donnant une nouvelle version de son best-seller autobiographique. Un naufrage.

 

 

Affiche-L-amour-dure-trois-ans.jpg

 

 

Marc Marronnier, critique littéraire le jour et chroniqueur mondain la nuit, vient de divorcer d’Anne. Il est sûr à présent que l’amour ne dure que 3 ans. Il a même écrit un pamphlet pour le démontrer mais sa rencontre avec Alice va renverser toutes ses certitudes.

 

 

 

 

 

Frédéric Beigbeder est depuis plusieurs un homme à multiples casquettes : écrivain, critique littéraire, chroniqueur mondain, animateur de télévision, acteur et maintenant réalisateur… En 2007, il avait participé à l'adaptation au cinéma de 99 francs par Jan Kounen avec plus ou moins de bonheur. Un bon roman (ce qu'est L'amour dure trois ans) ne fait pas forcément un bon film, c'est bien connu et les exemples sont innombrables. Beigbeder a voulu offrir une comédie à la fois grinçante et romantique mais échoue sur les deux tableaux.

La forme est la principale cause de ce ratage. De larges extraits du roman original ont été intégrés aux dialogues puisque l'écrivain-réalisateur voulait filmer à la fois son histoire mais aussi proposer une réflexion sur la littérature avec de nombreuses adresses au spectateur de la part de son double à l'écran, incarné mollement par Gaspard Proust. Les formules que Beigbeder écrit si bien tombent complètement à plat dans le film. N'est pas Woody Allen qui veut. Les flashbacks en forme d'illustration du récit qu'affectionne le cinéaste new-yorkais sont totalement ratés dans les mains de Beigbeder. L'exemple le plus frappant est celui du "gant Mapa" (par deux fois qui plus est), gag consternant tant il est lourdement appuyé. Les personnages secondaires ne relèvent pas forcément le niveau. Louise Bourgoin minaude, JoeyStarr (pourtant convaincant d'habitude) plonge dans la caricature inversée de son personnage, Frédérique Bel joue mal, Jonathan Lambert semble perdu et Bernard Menez n'est que l'ombre de lui-même ; Anny Duperey, elle, tire à peu près son épingle du jeu. Seule à capter toute l'attention dans les quelques scènes où elle campe génialement l'éditrice, Valérie Lemercier brille.

Frédéric Beigbeder invite un aéropage de guests dans leur propre rôle, qu'ils soient littéraires (Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner, Marc Lévy…) ou issus de Canal (Michel Denisot, Ariane Massenet, Ali Baddou, Jules-Edouard Moustic de Groland…). Il embarque même Michel Legrand, dont Les moulins de mon cœur sont à la BO, dans une scène improbable où le maître joue du piano en spécial guest. Associé aux producteurs de The Film (l'inégal Michael Gentile qui a financé Le Skylab, excellent film de Julie Delpy, comme le navet Vinyan avec Emmanuelle Béart), Beigbeder livre un film totalement formaté auquel personne ne semble croire. Les pseudo bonnes idées y sont le classique du beauf branché : Bernard Menez en vieux beau ithyphallique ou  JoeyStarr en meilleur ami qui vire gay. Un gâchis.

 

 

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Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
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