Partager l'article ! "L'art d'aimer", un film d'Emmanuel Mouret: Depuis le début des années 2000, Emmanuel Mouret écrit et réalise des films lég ...
Depuis le début des années 2000, Emmanuel Mouret écrit et réalise des films légers et hors du temps sur les aléas de l'amour et du désir. Avec un succès grandissant, il livre L'art d'aimer, son nouveau film, plus profond, sur différentes possibilités de l'amour.
Au moment où l’on devient amoureux, à cet instant précis, il se produit en nous une musique particulière. Elle est pour chacun différente et peut survenir à des moments inattendus...
Emmanuel Mouret a sorti son premier long-métrage Laissons Lucie faire en 2000, avec Marie Gillain. Une comédie un peu poussive qui n'avait guère convaincu. En 2004, le charmant Venus et Fleur retenait l'attention par la qualité de son écriture et de son interprétation. Il lui a fallu attendre 2006 et Changement d'adresse pour rencontrer un premier petit succès au box office avec plus de 120 000 entrées. Le jeune homme enchaîne l'année suivante avec Un baiser s'il vous plaît, qui attire plus de 200 000 spectateurs, son meilleur score à ce jour. Après Fais-moi plaisir ! (120 000 entrées en 2009), il propose L'art d'aimer, où il aborde enfin le véritable amour de front, là où les badinages l'emportaient auparavant.
Le titre du film rappelle bien évidemment celui du livre d'Ovide, œuvre en latin, sorte de guide ou d'initiation à l'art de l'amour, du désir, de la séduction… Emmanuel Mouret ponctue son film de phrase sous forme de proverbes (comme "Sans danger, le plaisir est moins vif" ou "Il ne faut pas refuser ce que l'on nous offre") pour présenter les saynètes qui suivent. Dans la tradition du film choral, François Cluzet, Frédérique Bel, Judith Godrèche, Laurent Stocker, Julie Depardieu, Ariane Ascaride ou encore Pascale Arbillot incarnent des personnages qui se séduisent, s'aiment ou se quittent et finissent tous par se croiser. Emmanuel Mouret se réserve un petit rôle au milieu de ce casting et appuie encore plus ses influences comme Woody Allen bien sûr (mais en moins cynique) ou les comédies américaines des années 1950 / 1960. L'humour brise les codes du romantisme et donne à voir les névroses des personnages. La nouveauté chez Mouret pour ce film est de montrer plus de complexité et de profondeur dans le dessin de ses personnages et aussi de laisser place à la mélancolie qui surgit dans l'humour souvent loufoque du cinéaste. Les hommes et les femmes sont sans cesse confrontés à leurs contradictions et vont devoir remettre en question leurs convictions sur l'amour.
Emmanuel Mouret prend de l'épaisseur avec L'art d'aimer mais n'évite pas certaines facilités. En tout cas, il distille un optimisme et un goût de la vie qui déteint sur le spectateur. 1h25 de ce marivaudage ne sont pas de trop.
...HB...
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