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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Michel Gondry adapte L'écume des jours de Boris Vian. Le cinéaste regorge d'idées visuelles pour traduire le texte de l'écrivain et multiplie les effets spéciaux mécaniques. Mais il n'en ressort qu'un film bancal, plutôt raté, dont l'émotion est absente.

 

 

Affiche-L-ecume-des-jours.jpg


 

L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite.

 

 

 

 


 

L'écume des jours est le célèbre roman de Boris Vian, des générations de lycéens s'en sont vu infliger la lecture depuis des décennies. Très surestimé, c'est un livre sympathique mais bien mineur en comparaison avec d'autres écrits de l'auteur germanopratin (J'irai cracher sur vos tombes pour n'en citer qu'un). Quand Michel Gondry a annoncé son intention d'adapter le roman, la sphère médiatique s'est emballée : le bricoleur de génie du cinéma français était la meilleure personne pour cette adaptation. Avec un casting ultra-bankable (Audrey Tautou, Romain Duris, Omar Sy, Gad Elmaleh, Alain Chabat, Aïssa Maïga…), le film n'est qu'une vitrine un peu fade dans laquelle Gondry semble s'être perdu.

 

Michel Gondry est un bidouilleur génial. Il suffit de revoir Eternal sunshine of the spotless mind, La science des rêves ou Soyez sympas, rembobinez pour s'en convaincre. Mais dans ces films-là, le réalisateur savait trouver l'équilibre nécessaire entre effets visuels et filmage plus réaliste. Dans L'écume des jours, les effets visuels sont présents à chaque minute et prennent constamment le pas sur les acteurs et le scénario. Certes, certaines trouvailles, comme le périscope relié au Minitel ("le Google Maps de l'époque" selon Romain Duris) ou l'inévitable "pianocktail", sont réjouissantes mais insuffisantes à porter un film pendant deux longues heures. Les acteurs, assez ternes dans l'ensemble à l'exception de la lumineuse Audrey Tautou, sont dévorés par ce rouleau compresseur visuel et peinent à exister. L'émotion attendue n'effleure donc jamais et l'ennui finit par s'installer devant une mise en scène qui vire au système. On a souvent l'impression d'être devant un making of du film plutôt que dans le film lui-même.

 

La meilleure idée du film est de ternir les couleurs peu à peu, pour passer sans vraiment s'en rendre compte au noir et blanc dans les dernières minutes. Mais L'écume des jours laisse le spectateur groggy d'une indigestion d'effets visuels là où Eternal sunshine of the spotless mind et La science des rêves réussissaient parfaitement l'équilibre. D'ailleurs, on voudrait plutôt revoir le Gondry plus sensible de L'épine dans le cœur ou The We and the I, son plus grand film (lire l'article du 18 septembre 2012).

 

 

...HB...

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