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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Premier film du réalisateur Mizuho Nishikubo à être distribué en France, L'île de Giovanni évoque la perte de l'innocence au moment de la défaite du Japon en 1945. Un conte historique et fantastique captivant en dépit d'une dernière partie trop mélodramatique.

 

 

Affiche-L-ile-de-Giovanni.jpg

 


1945 : Après sa défaite, le peuple japonais vit dans la crainte des forces américaines. Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie s'organise entre la reconstruction et la peur de l'invasion. Ce petit lot de terre, éloigné de tout, va finalement être annexé par l'armée russe. Commence alors une étrange cohabitation entre les familles des soldats soviétiques et les habitants de l'île que tout oppose, mais l'espoir renaît à travers l'innocence de deux enfants, Tanya et Junpei...

 

 

 

 


 

Mizuho Nishikubo, dont L'île de Giovanni est le troisième long-métrage, a longtemps collaboré avec Mamoru Oshii et a dirigé une partie des animations du film culte Ghost in the Shell. Ce film, le premier à connaître une sortie française, s'inspire d'un fait historique, dans l'île de Shikotan. En 1945, le Japon défait voit certaines de ses îles rattachées à l'URSS suite à la Conférence de Yalta. Malgré de nombreuses demandes des autorités nippones depuis les années 50, la plupart de ces îles n'ont pas été restituées au Japon. L'autre source d'inspiration du film est le roman inachevé de Kenji Miyawaza, Train de nuit dans la voie lactée. Car L'île de Giovanni oscille sans cesse entre récit historique et conte fantastique, avec des (un peu trop rares !) séquences oniriques de toute beauté.

 

La première heure du film capte avec subtilité et poésie les souffrances du peuple japonais, ô combien attaché à la notion d'honneur, humilié par l'invasion russe sur ses îles. On pourra regretter le regard univoque porté et l'absence d'informations objectives sur la situation politique de l'époque. Mais, malgré ce sous-texte un peu nationaliste, le film émerveille par sa beauté visuelle et touche par sa capacité à montrer l'enfance meurtrie, la perte de l'innocence. On ne dit jamais assez à quel point les enfants deviennent brutalement adultes en temps de guerre. Si la dernière demi-heure plonge trop volontiers dans le pathos, le film n'en est pas moins une nouvelle preuve du savoir-faire nippon en matière d'animation.

 

 

...HB...

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