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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Après l'exposition consacrée à Jacques Demy à la Cinémathèque Française, La baie des anges fait l'objet d'une reprise, cinquante ans après sa première sortie. Jeanne Moreau irradie un film sur la passion et le jeu.

 

 

Affiche-La-baie-des-anges.jpg


 

Jean Fournier, modeste employé de banque, est initié au jeu par son collègue Caron. Favorisé par la chance, il part pour Nice contre l'avis de son père. Il rencontre dans ce sanctuaire sa reine, une certaine Jackie dont il tombe immédiatement amoureux. Jackie n'est pas insensible au charme de Jean mais les ailes de leurs amours vont se brûler à la passion du jeu.

 

 

 

 


 

En 1962, fort du succès de son premier film, Lola, Jacques Demy pense déjà aux Parapluies de Cherbourg. Pour rassembler les financements nécessaires, sa productrice Mag Bodard l'emmène au marché du film à Cannes où personne ne semble intéressé. Par dépit, ils vont au Casino. C'est là que Demy a l'idée d'un scénario, celui de La baie des anges. L'ironie du sort fait que deux ans plus tard, il obtiendra la Palme d'or pour Les parapluies de Cherbourg.

 

 

 

 

 


La baie des anges s'ouvre sur un plan ébouriffant : le visage de Jeanne Moreau en gros plan puis un travelling arrière à pleine vitesse, sur le bord de mer. Noir. Puis un bureau parisien où travaillent Jean Fournier (Claude Mann) et son collège Caron qui tue l'ennui et fuit son épouse en s'adonnant au jeu avec frénésie au casino d'Enghien. Il joue, gagne et perd des fortunes. Le cynique Caron va initier Jean, jeune homme naïf et sage qui profite de ses congés pour échapper au traditionnel séjour chez l'oncle du Loiret. Sur la Côte d'Azur, il va rencontrer la mystérieuse Jackie, joueuse invétérée et femme insaisissable habillée pour l'occasion en costume blanc Pierre Cardin.

 

"Dieu nous préserve des joueurs" clamait madame Desnoyers dans Lola. Ici, c'est le père de Jean qui le met en garde contre la folie du jeu. Mais le jeune homme va être envoûté par Jackie et la suivre dans sa passion. Elle semble revenue de tout, à la fois cynique et enfantine : la vie n'a pas de sens, alors autant la vivre sans penser au lendemain. Dans la suite d'un palace monégasque, elle déclare détester l'argent, raison de son désir de jouer encore et toujours, pour vivre cette "existence idiote faite de luxe et de pauvreté". Jeanne Moreau, blonde platine, irradie la pellicule noir et blanc de Jacques Demy. En avatar de Marilyn (décédée en août 1962, juste au moment du tournage de La baie des anges), l'actrice s'offre à la caméra du cinéaste, passant inlassablement sa main dans une crinière flamboyante et vampant sans répit le jeune Jean, qui fait là un rapide apprentissage de la vie et de l'amour. Entre passion du jeu, désir de brûler la vie et crainte des blessures de l'amour, Jeanne Moreau et Claude Mann donnent corps à un film fiévreux, en forme de fuite en avant. La baie des anges ne rencontra pas le même succès que Lola à sa sortie, c'est aujourd'hui l'occasion de réparer cette injustice et de découvrir le cinéma pré-Cherbourg/Rochefort du cinéaste nantais.

 

 

...HB...

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