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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Marco Bellocchio dresse un portrait acide de l'Italie actuelle avec La belle endormie. Autour d'un fait divers, sa variation sur l'euthanasie convainc dans un premier temps avant de lasser par trop d'accumulations.

 

 

Affiche-La-belle-endormie.jpg


 

Le 23 novembre 2008, l'Italie se déchire autour du sort d'Eluana Englaro, une jeune femme plongée dans le coma depuis 17 ans. La justice italienne vient d'autoriser Beppino Englaro, son père, à interrompre l'alimentation artificielle maintenant sa fille en vie. Dans ce tourbillon politique et médiatique les sensibilités s'enflamment, les croyances et les idéologies s'affrontent. Maria, une militante du Mouvement pour la Vie, manifeste devant la clinique dans laquelle est hospitalisée Eluana, alors qu'à Rome, son père sénateur hésite à voter le projet de loi s'opposant à cette décision de justice. Ailleurs, une célèbre actrice croit inlassablement au réveil de sa fille, plongée elle aussi depuis des années dans un coma irréversible. Enfin, Rossa veut mettre fin à ses jours mais un jeune médecin plein d'espoir va s'y opposer de toutes ses forces.

 

 

 

 


 

Marco Bellocchio avait fait sensation avec son Vincere en 2009, sur les pas de Mussolini. Après Habemus Papam (Nanni Moretti, 2011), l'Italie trouve son nouvel état des lieux alarmant. Bellocchio s'est inspiré d'un fait divers qui a défrayé la chronique fin 2008. Une jeune femme, Eluana Englaro, est depuis 17 années dans un état végétatif irréversible. En novembre 2008, son père a demandé à faire débrancher la respiration artificielle, soulevant une vague de protestation des catholiques et clivant la classe politique, le Vatican, la communauté scientifique, la communauté religieuse, les journaux…

 

Le cinéaste choisit de prendre le cas d'Eluana Englaro pour centraliser plusieurs histoires, plusieurs personnages autour de l'euthanasie : un politique proche de Berlusconi qui hésite à voter un décret s'opposant à l'euthanasie, sa fille militante catholique, un médecin qui tente de sauver une droguée suicidaire et une grande actrice qui a abandonné la vie pour s'occuper (comme d'une poupée) de sa fille plongée dans le coma. Ces segments satellites sont l'occasion de mettre en scène tout l'appareil institutionnel italien (hôpital, Eglise, police, Parlement…) et différentes catégories sociales dans l'opinion. Si Bellocchio manie le récit avec habileté, on regrette le déséquilibre de l'ensemble. Le réalisateur donne à voir les diverses opinions, sans cacher son penchant en faveur du droit à mourir dans la dignité. Isabelle Huppert incarne une mère dévastée, détachée du monde depuis que sa fille est dans le coma, et qui jette un regard ambigu à son reflet dans le miroir chaque fois qu'elle passe devant (réflexe d'actrice ?). Bellocchio ose même insérer un plan de La Dame aux camélias avec la même Huppert (film italien de 1981), comme un reflet à double visage. C'est le segment le plus réussi de ce film un peu bancal.

 

 

...HB...

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