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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

La cinquième saison et la sensation belge de l'été. Le troisième film de Peter Brosens et Jessica Woodworth envoûte par la beauté de ses images et mêle habilement fable surréaliste, poésie écolo et film apocalyptique.

 

 

Affiche-La-cinquieme-saison.jpg

 

 

Une mystérieuse calamité frappe un village belge dans les Ardennes : le printemps refuse de venir. Le cycle de la nature est brisé. Alice et Thomas, deux adolescents du village, vont se battre pour donner un sens à leur vie dans un monde qui s’effondre autour d’eux.

 

 

 

 

 


Dans un village reculé des Ardennes belges, à la fin de l'hiver, le printemps n'arrive pas, brisant le cycle de la nature. La première séquence du film donne le ton. Un coq est juché sur une table en bois, faisant face à un homme qui boit son café et tente en vain de faire chanter l'animal. Dehors, les habitants célèbrent la fin de l'hiver dans une cérémonie païenne où des géants accompagnent un cortège qui mène au bûcher où l'on brûle "Tonton Hiver" jusqu'à l'année prochaine. Mais le feu ne s'allume jamais. Quelques semaines plus tard, nous voilà au printemps, mais les couleurs restent ternes et rien ne pousse. Un apiculteur itinérant constate la disparition de ses abeilles.

 

Au fil des saisons qui passent mais continuent de se résumer à long hiver, froid et sombre, les réalisateurs montrent comment un village uni va sombrer dans la folie et la barbarie. Les vaches ne donnent plus de lait, le coq ne chante plus, les poissons s'échouent sur les rives, les oiseaux ne volent plus, les graines ne germent pas… La nature refuse désormais de se soumettre à l'homme. Les humains, eux, plongent dans l'incompréhension puis recherchent des coupables ("personne", "tout le monde") et un bouc-émissaire, l'apiculteur et son fils handicapé. Des milices dignes du Ku Klux Klan se forment, réduisant la communauté à une secte barbare, et le village se tourne vers une organisation primitive.

 

On pense à Bullhead, sorti l'année dernière, pour l'aspect "film belge dans un terroir hostile", mais aussi au chef-d'œuvre de Bela Tarr Le cheval de Turin ou encore à l'école berlinoise actuelle, qui oscille entre minimalisme, absurde et violence. La grande force du film est la beauté de sa photo et de ses plans-séquences en cadre fixe. Si certaines séquences souffrent d'un symbolisme un peu lourd, l'ensemble est d'une rigueur plastique et d'une économie de dialogues qui forcent l'admiration. Les réalisateurs filment avec talent une apocalypse lente mais irrémédiable, un coup de semonce de la nature vers l'homme, comme pour le menacer de son extinction. Un film que l'on n'est pas prêt à oublier.

 

 

...HB...

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