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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Julien Abraham livre avec son premier film, La cité rose, une comédie bouleversante et positive sur la vie en banlieue. Des acteurs formidables portent un film diablement bien écrit.

 

 

Affiche-La-cite-rose.jpg


 

"Mitraillette" a 12 ans. Il vit à la Cité Rose, sa cité qu'il ne quitterait pour rien au monde. Son univers, c’est sa famille : Isma, son cousin de 16 ans, qui admire Narcisse, le caïd du quartier et prend un mauvais chemin. Son grand frère, Djibril, 22 ans, étudiant à La Sorbonne et qui rêve de devenir avocat. Mitraillette, lui, aimerait juste sortir avec Océane, la plus belle fille du collège... Leurs destins sont liés, au sein d'un quartier, au cœur de ses tours où les rêves, parfois, se payent cash.

 

 

 

 

 


Julien Abraham s'est inspiré de la série brésilienne Le cité des hommes, elle-même inspirée du film brésilien La Cité de Dieu, suivant le parcours d'enfants des favelas. Le jeune réalisateur voulait, en 2008, créer une série sur ce modèle et a même tourné un pilote. Il s'agissait de montrer le quotidien d'une cité de banlieue parisienne de manière positive et réaliste. Devant la frilosité des télévisions et l'enthousiasme de la société de production Ex Nihilo, le projet s'est transformé en long-métrage pour le cinéma. Les acteurs sont presque tous amateurs et certains vivent même dans la "cité rose" de Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, où a été tourné le film. Après trois mois d'atelier théâtre, les jeunes acteurs ont pu faire connaissance et intégrer leur propre expérience au scénario. Cette méthode de travail est la même que celle de La Cité de Dieu. Cela donne bien sûr à l'écran une spontanéité et une vérité particulières.

 

Le jeune interprète de Mitraillette, le héros et narrateur du film, a grandi et vit toujours dans la cité rose. Le garçon explique qu'il ne comprend pas quand on lui demande s'il est heureux de vivre dans cette cité car la question ne s'est jamais posée pour lui. La force du film est de montrer, malgré les difficultés (sociales, économiques), que la vie n'est pas fondamentalement plus dure en cité, qu'il y a du positif et des gens heureux.  Les clichés sont tous passés à la moulinette de l'humour : vannes racistes (arabes, asiatiques, noirs, blancs, tout le monde y passe), lieux communs sur l'école en banlieue, problèmes de drogue ou non, situation des parents (la mère est bibliothécaire et parle un français presque soutenu)… Le film est hilarant et grave en même temps quand il le faut. L'énergie et la tchatche des acteurs emportent le spectateur dans un tourbillon pendant 1h35, sur une bande originale efficace comprenant Cesaria Evora, Tiken Jah Fakoly, Charles Aznavour (ou presque…) et les stars du rap actuel (Soprano, Youssoupha, Scientifik, Singuila, Sexion d'Assaut…). Un des meilleurs films français sortis cette année.

 

 

...HB...

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