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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Julie Bertuccelli a suivi une classe d'accueil pendant une année scolaire et livre La cour de Babel, un documentaire passionnant, drôle et bouleversant. Une belle célébration de la différence et de la fraternité.

 

 

Affiche-La-cour-de-Babel.jpg

 

 

Ils viennent d’arriver en France. Ils sont Irlandais, Serbes, Brésiliens, Tunisiens, Chinois ou Sénégalais... Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé les échanges, les conflits et les joies de ce groupe de collégiens âgés de 11 à 15 ans, réunis dans une même classe d’accueil pour apprendre le français. Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie, remettent en cause beaucoup d’idées reçues sur la jeunesse et l’intégration et nous font espérer en l’avenir...

 

 

 

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Julie Bertuccelli vient du documentaire. Elle a en réalisé un grand nombre pour la télévision avant de se tourner également vers la fiction avec deux longs-métrages, Depuis qu'Otar est parti (César 2004 du meilleur premier film) et L'arbre (lire l'article du 3 septembre 2010). La cour de Babel est son premier documentaire pour le cinéma. La réalisatrice a choisi de s'installer de septembre 2011 à juin 2012 dans la salle de classe de Brigitte Cervoni, une classe d'accueil pour les étrangers nouvellement arrivés en France, au collège de la Grange-aux-Belles à Paris. Pendant 90 minutes, on ne quittera plus la salle de classe, à l'exception d'une sortie à Chartres pour présenter un court-métrage réalisé par les élèves dans un festival de films scolaires. Le dispositif rappelle, bien sûr, l'excellent Entre les murs mais le constat de Julie Bertuccelli est beaucoup moins amer. La cinéaste nous plonge au cœur de l'humain.

 

Qu'ils viennent de Pologne, d'Ukraine, de Mauritanie, du Chili, d'Irlande, d'Angleterre, de Chine, de Serbie, de Guinée ou de bien d'autres horizons, les jeunes élèves ont une volonté commune : parvenir à une "belle vie" en France. Une jeune Africaine déclare qu'elle est venue en France "pour être une femme libre" et une jeune Roumaine est venue "pour construire un futur". Julie Bertuccelli a choisi de ne pas s'immiscer dans la vie familiale des ados, se limitant à des rencontres de la prof avec les parents qui laissent deviner des drames dans le pays d'origine. On parle d'excision, de chômage, de chasse aux Juifs par des groupes néonazis en Serbie, de maltraitance… Mais la cinéaste fait le pari de l'espoir et nous donne à voir des ados volontaires et désireux de s'affranchir des traumatismes du passé, avec toutes les difficultés que cela implique.

 

Au fil d'une année scolaire riche en événements, on rit et on pleure avec la classe, avec ses élèves dont les joies et les peines sont finalement les mêmes que dans les classes "normales", elles sont universelles. Le film nous présente un modèle d'intégration républicaine et l'espoir d'une nouvelle génération, une génération plurielle. Au cours de leurs échanges d'une grande maturité sur la religion ou l'éducation, les ados nous prouvent que la France est riche de sa diversité et belle de son immigration. La cour de Babel est un documentaire nécessaire, plein d'espoir et célébrant la fraternité entre les différentes origines. Assurément parmi les plus beaux films de l'année.

 

 

...HB...

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