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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Le réalisatrice russe Eva Neymann met en scène La maison à la tourelle, son deuxième long-métrage, sous haute influence tarkovskienne. Dans la misère de la Seconde Guerre Mondiale, un petit garçon veut survivre. Poétique et magnifiquement filmé.

 

 

La-Maison-a-La-Tourelle-Affiche.jpg 


 

Hiver 1944. Une mère et son fils de huit ans traversent l’Union Soviétique à bord d’un train pour rejoindre leur famille. Au cours du voyage, la mère tombe gravement malade et doit être hospitalisée d’urgence. L’enfant se retrouve alors livré à lui-même dans une ville inconnue et rapidement confronté au règne de la misère et l’indifférence.

 

 

 

 


 

Eva Neymann est fascinée par l'œuvre de Friedrich Gorenstein dont elle adapte ici une nouvelle autobiographique. Après une poignée de courts, trois documentaires et un premier long-métrage toujours inédit en France, la réalisatrice s'inspire de manière évidente de son compatriote Tarkovski, dont Gorenstein fut le collaborateur sur Solaris, bouclant ainsi la boucle. Dans La maison à la tourelle, on suit un petit garçon forcé de voyager avec sa mère malade dans l'Union Soviétique de l'hiver 1944, alors que la Guerre fait rage et que la misère frappe la population autant que le froid glacial.

 

En fine esthète, Eva Neymann choisit un noir et blanc contrasté pour conter son récit, apportant une certaine poésie et offrant des plans sublimes sur les étendues enneigées de Russie. Les plans-séquences soigneusement composés rappellent Tarkovski (Stalker notamment) mais aussi Bela Tarr ou même Cristian Mungiu. Dans cette virtuosité technique, l'interprétation est porté par un jeune garçon (Dmitriy Kobetskoy, lui-même orphelin) au regard à la fois triste, volontaire et d'une maturité saisissante. Se démenant pour la survie de sa mère mourante (Katerina Golubeva dans son dernier rôle), l'enfant va assumer son statut d'orphelin et comprendre qu'il doit continuer sa route seul, ou plutôt avec le concours d'adultes malhonnêtes profitant de ses maigres économies. Dans ce film, les adultes ne se soucient guère de l'orphelin, pas même les infirmières qui font preuve d'une indifférence incroyable.

 

Prenant comme repère "la maison à la tourelle", habitée par un père et sa toute jeune petite fille ressemblant déjà à des fantômes, le garçon va préparer son départ et tenter de rejoindre son grand-père. Avec une économie de dialogues et des penchants expressionnistes, Eva Neymann offre au spectateur le regard de l'enfant puis son inattendu sourire, enfin, dans un plan final de toute beauté. Si le film n'a pas l'ampleur lyrique de ses modèles tarkovskiens, il n'en est pas moins une belle promesse d'avenir, une cinéaste à surveiller de très près.

 

 

...HB...

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