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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Nicolas Philibert livre un nouveau documentaire passionnant sur les coulisses de Radio France : La maison de la radio, du nom du célèbre bâtiment circulaire parisien. Hommage à la radio et inventivité cinématographique font bon ménage dans ce film captivant.

 

 

Affiche-La-maison-de-la-radio.jpg

 


Une plongée au cœur de Radio France, à la découverte de ce qui échappe habituellement aux regards : les mystères et les coulisses d’un média dont la matière même, le son, demeure invisible.

 

 

 

 


 

Nicolas Philibert a rencontré un large succès public en 2002 avec Etre et avoir, qui s'installait dans une salle de classe, qui a enregistré près de 2 millions d'entrées. Après des projets plus confidentiels, dont le formidable Nénette (lire l'article du 5 avril 2010), le documentariste revient avec La Maison de la Radio, faisant référence au nom d'origine de Radio France. Cet ensemble immense, situé dans le 16ème arrondissement de Paris, est mythique pour tous les amoureux de la radio. Les stations publiques (France Inter, France Info, France Culture, FIP, Le Mouv'…)  y émettent, mais la Maison de la Radio, c'est aussi une régie publicitaire et quatre formations musicales (dont l'Orchestre National de Radio France).

 

Mettre des images sur le média si particulier qu'est la radio, c'est presque un blasphème, tout au moins un sacré défi cinématographique. Pendant 6 mois, Nicolas Philibert et son équipe se sont baladés et perdus dans les couloirs de la Maison de la Radio. Le film reprend la structure type d'une journée, du début de la matinale d'Inter (à 7h) à la préparation de celle-ci, 24 heures plus tard. Philibert évite l'écueil du reportage sur le journalisme et ne propose que le minimum sur le traitement de l'actualité. En revanche, les débats entre rédacteurs sont universels et souvent très drôles et pleins de vie. Mais le film s'intéresse aussi aux petites choses que l'auditeur ignore, sans pour autant dévoiler l'envers du décor de manière systématique.

 

Nicolas Philibert a l'intelligence de placer son film sous le signe du pur moment de cinéma, et il réussit son pari haut la main. Par le cadrage et le travail sur le son, il capte l'essence même de la radio. Le visage d'une réalisatrice de feuilletons (les "dramatiques") écoutant les prises vocales des acteurs revient régulièrement, tout comme Marie-Claude, une rédac' pétillante, ou l'apprentissage de la "brève" par un journaliste débutant. Une image frappe tant elle représente la radio dans ce qu'elle est : une journaliste aveugle présente son journal en lisant ses notes en braille. Le film n'a ni voix off, ni commentaire, ni explications. Philibert fait entièrement confiance au cinéma et au montage.

 

La Maison de la Radio alterne les moments purement sonores, comme des enregistrements de musique ou un travail sur la voix, en les plaçant souvent hors champ. Mais le film montre aussi des figures cultes de la radio, comme Frédéric Lodéon, dans un plan surréaliste où seul son visage dépasse des montagnes de CD de musique classique. On peut aussi voir les jolis moments de tournage d'Eclectik de Rebecca Manzoni ou le visage halluciné d'une jeune écrivain scrutant le visage (off) d'Alain Weinstein sans savoir quand elle pourra prendre la parole. Pour toutes ces raisons, La Maison de la Radio est un documentaire essentiel et passionnant, et un grand moment de cinéma.

 

 

...HB...

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