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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Après plusieurs courts-métrages remarqués, Nicolas Birkenstock livre son premier long, La pièce manquante. Philippe Torreton y incarne un homme désemparé par la disparition mystérieuse de sa femme. Un film sensible, élégant et plein d'espoir sur la paternité et l'absence.

 

 

Affiche-La-piece-manquante.jpg


 

Un matin, Paula quitte la maison familiale, abandonnant André son mari et leurs deux enfants, Violette et Pierre. Dépassé par la situation, André tente de dissimuler le départ de Paula à son entourage, contraignant ses propres enfants au silence. Le temps d’un été, chacun d’eux va affronter à sa manière la douleur de l’absence, et partir en quête d’un nouvel apaisement.

 

 

 

 


 

Nicolas Birkenstock est passé par le Conservatoire Libre du Cinéma Français avant de réaliser une poignée de courts-métrages acclamés dans les festivals, dont le très beau et touchant Le bout des doigts. Pour son premier long-métrage, il a fait appel à Philippe Torreton (qui s'était fait plus rare sur grand écran) et Lola Duenas (égérie d'Almodovar et Prix d'interprétation féminine à Cannes pour Volver) pour incarner un couple qui explose le jour où la femme décide de disparaître, laissant derrière elle mari et enfants. Le cinéma s'est souvent intéressé à des femmes qui choisissent de s'effacer (Villa Amalia de Benoît Jacquot, Elle s'en va d'Emmanuelle Bercot ou Lulu femme nue de Solveig Anspach) mais, cette fois, c'est du côté de ceux qui restent qu'a voulu se placer le jeune réalisateur.

 

La "pièce manquante", c'est Paula (Lola Duenas), femme d'André (Philippe Torreton dans son plus beau rôle) et mère de deux enfants (dont Violette, incarnée par la très prometteuse Armande Boulanger). Alors qu'elle semble couler des jours paisibles dans la campagne bourguignonne auprès de sa famille, la jeune femme demande à sa famille, un soir, comme un jeu, de faire comme si elle n'était pas là. Pour voir comment son mari et ses enfants se débrouillent sans elle qui est le pilier de ce foyer qu'André déserte malgré lui, peu préoccupé par les contingences matérielles, entre son activité de sculpteur et les vieilles dames du village qu'il coiffe plus pour passer le temps que pour arrondir ses fins de mois. Le lendemain matin, à la surprise générale, elle a disparu.

 

Comment dissimuler l'absence d'un être qui régissait la vie quotidienne ? C'est cette question qui semble hanter Nicolas Birkenstock. André commence par mentir à ses enfants, qui comprennent vite ce qui se trame. Alors, il faut réorganiser le quotidien, apprendre à vivre autrement. L'homme va devoir devenir un père de famille et assumer aux yeux de tous que sa femme est partie. Les personnages gravitent dans un mouvement ascensionnel, de la sculpture immense sur laquelle travaille André aux entraînements de trampoline de Violette, dans les pas de sa mère qui avait, déjà, brutalement arrêté la compétition dans sa jeunesse. Plus que les raisons de la disparition, c'est les conséquences de l'absence que filme le jeune cinéaste avec subtilité et sensibilité. Dans la douce lumière de l'été, sur une mélodie de Françoise Hardy (Sol, version espagnole de son tube Soleil) ou dans un bal de village, chacun va tenter de se (re)construire. Les seconds rôles ne sont pas oubliés avec notamment l'apparition magique de Geneviève Mnich en vieille dame superstitieuse. Plein d'espoir, le film s'attache à faire de cet homme un père et Nicolas Birkenstock offre de belles séquences oniriques. Un jeune talent à suivre.

 

 

...HB...

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