Présentation

Accueil

Catégories

Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 12:48

 

La piel que habito marque les retrouvailles entre Pedro Almodovar et l'acteur fétiche de ses débuts Antonio Banderas, 22 ans après Attache-moi. Le cinéaste espagnol signe avec son premier thriller un nouveau tour de force scénaristique et un film parfaitement maîtrisé.

 

 

Affiche-La-piel-que-habito.jpg


 

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye…

 

 

 

 


 

Le nouveau film d'Almodovar est librement inspiré de Mygale, un roman de Thierry Jonquet. De son propre aveu, le réalisateur espagnol a dévoré ce livre dans les années 1990 mais ne l'a relu que deux fois car il voulait faire une adaptation libre. Premier thriller du cinéaste, La piel que habito marque également le retour d'Antonio Banderas pour leur sixième collaboration en 30 ans, ainsi que de Marisa Paredes, héroïne d'Almodovar qui a tourné pour lui Dans les ténèbres (1983), le mythique Talons aiguilles (1991), La fleur de mon secret (1995), Tout sur ma mère (1999) et Parle avec elle (2002).

 

Depuis Tout sur ma mère, qui lui a donné une stature de maître et un succès public considérable, Pedro Almodovar enchaîne les grands films avec une assise certaine dans le cinéma européen. Définitivement surdoué, le cinéaste se fait de plus en plus sombre, de plus en plus torturé avec le temps. La piel que habito revisite de nombreux thèmes récurrents dans son univers : rapport au pouvoir et abus, identité sexuelle et transsexualité, violence, rapport parent-enfant conflictuel… Dans ce film, Almodovar rend hommage à ses maîtres, et notamment à Bunuel dont il a essayé de reproduire le même plan d'ensemble de Tolède que son modèle dans Tristana (1969). On retrouve également du Hitchcock ou Fritz Lang dans la réalisation et la mise en scène.

 

Difficile de parler du déroulement du film car il serait dommage de dévoiler les différents retournements. Almodovar divise son récit en deux pans, l'un dans le présent (ou presque, en 2012), l'autre six ans plus tôt. Et le spécialiste des flashbacks s'en donne à cœur joie en créant des tiroirs temporels au sein même des flashbacks sans jamais perdre la cohérence du l'histoire. Le chirurgien "fou" a perdu sa femme puis sa fille dans des circonstances dramatiques qui expliquent en grande partie ses gestes mais Almodovar ne s'arrête pas là et use de ressorts bien plus complexes. De plus, le metteur en scène dirige parfaitement l'interprétation de Banderas, Paredes mais aussi Elena Anaya.

 

La piel que habito est certainement l'un des films les plus tortueux et les plus sombres de Pedro Almodovar qui réussit haut la main son premier thriller. Loin des couleurs flashy et des emballements de ses magnifiques Etreintes brisées  (lire l'article du 27 mai 2009), il donne un film tranchant comme un couperet et qui fascine par ses amours parfois malsaines et son désir implacable de vengeance.

 

 

...HB...

Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Une belle oeuvre riche de toutes ses influences

Commentaire n°1 posté par Thomas Grascoeur le 23/08/2011 à 19h09

Rechercher

Remerciements

A ceux qui liront entre mes lignes…
Merci à ceux que...j'aime!
…HB…
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés