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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Enorme succès au box-office américain, Le majordome est le quatrième film de Lee Daniels. Mélodrame historique inspiré d'une histoire vraie, le film emporte le spectateur dans plus d'un demi-siècle d'histoire américaine avec une mise en scène classique mais efficace.

 

 

Affiche-Le-majordome.jpg


 

Le jeune Cecil Gaines, en quête d'un avenir meilleur, fuit, en 1926, le Sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste. Tout en devenant un homme, il acquiert les compétences inestimables qui lui permettent d’atteindre une fonction très convoitée : majordome de la Maison-Blanche. C'est là que Cecil devient, durant sept présidences, un témoin privilégié de son temps et des tractations qui ont lieu au sein du Bureau Ovale. À la maison, sa femme, Gloria, élève leurs deux fils, et la famille jouit d'une existence confortable grâce au poste de Cecil. Pourtant, son engagement suscite des tensions dans son couple : Gloria s'éloigne de lui et les disputes avec l'un de ses fils, particulièrement anticonformiste, sont incessantes. A travers le regard de Cecil Gaines, le film retrace l'évolution de la vie politique américaine et des relations entre communautés. De l'assassinat du président Kennedy et de Martin Luther King au mouvement des "Black Panthers", de la guerre du Vietnam au scandale du Watergate, Cecil vit ces événements de l'intérieur, mais aussi en père de famille…

 

 

 

 


 

Quelques semaines avant l'élection de Barack Obama, en 2008, le journaliste Will Haygood a voulu rencontrer une Afro-américain ayant travaillé à la Maison Blanche et a écrit un article sur Eugene Allen, qui a été majordome dans le palais présidentiel et a servi sept présidents entre 1957 et 1986. Cette histoire incroyable a été le point de départ du film. Eugene Allen est devenu Cecil Gaines et sa vie a été quelque peu romancée pour les besoins du cinéma.

 

On n'imaginait pas forcément Lee Daniels aux commandes de ce récit purement hollywoodien, la réalisateur ayant présenté deux (bons) films dans une veine d'auteur indépendant par le passé (Precious en 2009 et Paperboy en 2012). La mise en scène du Majordome fait preuve d'une retenue inhabituelle pour le cinéaste habitué aux débordements en tous genres. Il retrouve quelques acteurs de ses précédents films, comme Mariah Carey (ici dans un petit rôle), John Cusack (excellent en Nixon), Lenny Kravitz et l'excellent Daniel Oyelowo, qui pourrait rafler un Oscar du second rôle masculin. Mais la star du film, grand favori lui aussi pour une statuette, c'est Forest Whitaker, qui incarne avec l'humilité nécessaire ce majordome digne en toutes circonstances, affrontant les douleurs et les humiliations avec une classe rare.

 

Si le scénario, assez linéaire, ne brille pas par son originalité, le film émeut par sa modestie, son désir de se mettre au service des personnages et du propos. Car, au-delà du métier de majordome, c'est toute l'histoire de la lutte des noirs pour l'égalité aux USA au XXème siècle qui est mise en avant. Des champs de coton, près d'un siècle après l'abolition de l'esclavage pourtant, au racisme ordinaire des années futures, des mouvements de protestation (les Black Panthers, entre autres) aux humiliations quotidiennes, Lee Daniels montre à quel point le peuple "afro-américain" n'avait d'américain que le nom jusque dans les années 70, étant privé de toutes les libertés fondamentales. Le cinéaste livre un film honnête, sans en faire trop dans le militantisme, et offre à la star de la télévision américaine Oprah Winfrey son premier grand rôle au cinéma. Et c'est encore une bonne raison d'aller voir ce film.

 

 

...HB...

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