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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown

 

Présenté à Cannes et candidat argentin aux Oscars 2014, Le médecin de famille est le troisième film de Lucia Puenzo qui adapte là son propre livre. Réflexion sur le nazisme et thriller tendu, ce film séduit par une construction solide et une belle interprétation.

 

 

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Patagonie, 1960. Un médecin allemand rencontre une famille argentine sur la longue route qui mène à Bariloche où Eva, Enzo et leurs trois enfants s’apprêtent à ouvrir un hôtel au bord du lac Nahuel Huapi. Cette famille modèle ranime son obsession pour la pureté et la perfection, en particulier Lilith, une fillette de 12 ans trop petite pour son âge. Sans connaître sa véritable identité, ils l’acceptent comme leur premier client. Ils sont peu à peu séduits par le charisme de cet homme, l’élégance de ses manières, son savoir et son argent, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils vivent avec l’un des plus grands criminels de tous les temps.

 

 

 

 


 

Lucia Puenzo est réalisatrice, scénariste et écrivain. Avec Le médecin de famille, elle adapte un de ses ouvrages, Wakolda, traitant de la question de refuge trouvé par les nazis après la Guerre dans son pays, l'Argentine. Josef Mengele se fait passer pour Helmut Gregor, un médecin ordinaire qui mène ses recherches sur les hormones de croissance. Par une série de coïncidences secrètement orchestrées, il se trouve être le premier client lors de la réouverture de l'hôtel que reprend en mains la famille. Lucia Puenzo filme dès lors un piège qui se referme sur les membres de la famille jusqu'à ce qu'ils découvrent la véritable identité du docteur.

 

Dès la première séquence, la réalisatrice capte le regard énigmatique d'un étranger à fine moustache (Alex Brendemülh) qui observe des enfants jouer. Déjà, il est fasciné par une petite fille, Lilith (la jeune débutante Florencia Bado est saisissante), paraissant 8 ans alors qu'elle en a 12. "Mystère harmonieux dans l'imperfection des mensurations" note-t-il dans son carnet. S'imposant en douceur dans le quotidien de la famille, il va se rapprocher de Lilith et sa mère Eva. Notons les prénoms bibliques, certainement pas dus au hasard, Lilith étant, selon la Kabbale, la première femme d'Adam avant Eve et le symbole de la première révolte féminine. La petite fille, lassée des quolibets de ses cruels camarades de classe, veut grandir et convainc sa mère d'accepter les injections hormonales du docteur, si expérimentales soient-elles.

 

Lucia Puenzo livre un Mengele à la fois terrifiant et séduisant, véritable figure de film noir, attirant dans ses filets une famille pour assouvir ses obsessions : l'expérimentation médicale et la purification de la race. Il se passionne pour les poupées que fabrique le père, mais pour en faire à l'échelle industrielle et à son idée de la perfection (blonde, coiffure bavaroise, yeux bleus…). Mais la réalisatrice est également sévère avec les habitants de Bariloche, dont la plupart n'ignore pas l'identité du docteur et pourrait très bien le dénoncer au Mossad qui le rechercher assidument. Lucia Puenzo choisit d'illustrer tout le trouble de cette période dont on n'a pas fini de découvrir les secrets. Le médecin de famille est un thriller plutôt haletant, bien construit et remarquablement interprété.

 

 

...HB...

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