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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Deux ans après le triomphe d'Une séparation, Asghar Farhadi présente Le passé, son nouveau film, en compétition à Cannes. Un drame intense sur les secrets, l'amour et la culpabilité. Un très grand film qui pourrait être récompensé lors du palmarès. 

 

 

Affiche-Le-passe.jpg


 

Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d'Ahmad pour tenter d'améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé.

 

 

 

 


 

Asghar Farhadi a connu la consécration internationale en 2011 avec son cinquième film Une séparation (lire l'article du 10 juillet 2011), qui a enregistré plus d'un million d'entrées en France et reçu de nombreux prix (Ours d'or, Oscar et César du meilleur film étranger…). Interdit de tourner en Iran, le cinéaste a choisi de poser ses valises à Paris et y place l'intrigue de son nouveau long-métrage, Le passé. Bérénice Béjo, Tahar Rahim et l'acteur iranien Ali Mosaffa portent cette tragédie moderne, entre divorce, conflits familiaux, secrets et culpabilité.

 

La première séquence du film annonce ce que seront les deux heures suivantes. Marie (Bérénice Béjo, étonnante) vient chercher son futur ex-mari iranien, Ahmad (Ali Mosaffa), à l'aéroport ; chacun d'un côté d'une vitre épaisse, ils se parlent mais nous n'en entendons pas leur dialogue, ils ont du mal à communiquer. Ahmad est venu pour divorcer, après quatre ans de séparation, à la demande de Marie qui compte se remarier avec son nouveau compagnon Samir (Tahar Rahim). Son arrivée va bousculer le quotidien déjà fragile d'un couple en pleins sables mouvants. Le talent d'Asghar Farhadi est de donner très subtilement, petit à petit, les informations sur les relations entre les personnages, sur leur passé, justement. On ne comprend pas directement ce qui se noue et se dénoue entre Marie, Ahmad, Samir, leurs enfants. Car les enfants ont une place importante dans le cinéma de Farhadi. Ils ne mentent pas, sauf quand on les y oblige et sont souvent les premiers révélateurs d'une crise. Lucie est la fille aînée de Marie, et elles sont en pleine guerre, sans que la mère ne comprenne vraiment pourquoi.

 

Ahmad est à la fois confesseur, confident et arbitre dans cette histoire. Mais est-il réellement la voix de la raison ou, comme le lui reproche Marie, un donneur de leçon qui érige la loi pour le autres et la liberté pour soi ? C'est lui recueille les confessions mais aussi qui les provoque, sans toujours en mesurer les conséquences. Asghar Farhadi nous donne à voir plusieurs visages de chaque personnage, tant et si bien que l'on passe le film à juger et revoir son jugement sur chacun des protagonistes. Chacun croit détenir la vérité, mais c'est une version tronquée, incomplète de l'histoire. Les rebondissements du scénario sont habilement amenés pour amener le spectateur à toujours remettre en cause ses propres jugements. Quant à la mise en scène, elle est impeccable de précision. La caméra est capable de suivre les personnages, d'accompagner l'action, comme de rester en retrait lors de plans fixes vertigineux, comme par exemple le face à face silencieux entre Samir et Ahmad, assis à une table de cuisine avec la pluie battante comme ambiance sonore. Bérénice Béjo trouve là le premier rôle où elle est vraiment intéressante, très juste entre coups de gueule et moments de retenue. Asghar Farhadi s'impose définitivement comme un auteur majeur et pourrait bien repartir avec le prix de la mise en scène, du scénario ou même plus…

 

 

...HB...

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