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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

La plasticienne argentine Jazmin Lopez livre Leones, un premier film déroutant. Techniquement épatant, le film distille un charme délétère et une angoisse sourde, malgré un ensemble un peu poseur.

 

 

Affiche Leones


 

Un groupe d’amis s’enfonce dans la forêt par un bel après-midi. Entre jeux de mots et séduction, ils s’amusent à franchir les frontières de l’âge adulte. Mais au fur et à mesure de leur avancée, surgissent les indices d’une terrible vérité.

 

 

 

 


 

Révélé au dernier festival de Venise, Leones est le premier film de Jazmin Lopez, une plasticienne argentine. Cinq jeunes gens se promènent en forêt, à la recherche d'une maison où elle semble vouloir passer le week-end pour fuir l'ébullition de Buenos Aires. Les personnalités émergent : Isa est fragile, Arturo semble avoir un problème comportemental, sa sœur Sofi est avec son copain Felix, un couple amoureux et insouciant, Niki est gay et plus tourmenté.

 

Le procédé de Leones est ambitieux : des longs plans-séquences (19 plans pour 85 minutes) suivent les personnages, souvent derrière eux, avec la steadicam magique de Matias Mesa, cadreur bien connu des cinéphiles, responsable des mouvements de caméra chez Gus Van Sant pour sa trilogie Gerry / Elephant / Last days, sous la direction photo de feu Harry Savides. On pense bien sûr à la déambulation dans le désert de Gerry mais aussi à Blow Up d'Antonioni pour le jeu de volley sans ballon. Très vite, alors que rien ne semble menacer le groupe, une angoisse monte chez le spectateur. Les dialogues sont rares, ou alors il s'agit d'un jeu surréaliste dans lequel il faut énoncer des phrases de six mots dans un temps imparti. "I see dead people" dit l'un, en référence au Sixième sens de M. Night Shyamalan, dévoilant à demi-mot un twist assez prévisible.

 

Le groupe tourne en rond et repasse par les mêmes endroits d'une forêt qui s'avère tentaculaire et semble les absorber comme une nature toute puissante. Le travail sur le son est admirable, fait d'ambiances inquiétantes et d'un enregistrement sur cassette qui révèle le sort funeste des ados. Dès lors, l'avenir est scellé, on ne quittera pas cette forêt, sauf pour un plan-séquence final envoûtant : Isa marche (très) longuement dans un désert à la Gerry avant que l'on aperçoive la mer, vers laquelle elle s'achemine pour y plonger et avancer en elle, rejointe par ses camarades. Le passage de la vie à la mort a rarement été aussi poétiquement filmé. On regrettera certains écueils explicatifs du scénario et une mise en scène un peu trop formaliste, mais Jazmin Lopez fait assurément partie des talents de demain.

 

 

...HB...

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