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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Christian Bale et Casey Affleck brillent à l'affiche du deuxième film de Scott Cooper, Les brasiers de la colère. Un drame familial intense sur fond de crise dans l'Amérique profonde qui revient, encore, sur l'opposition entre justice et vengeance.

 

 

Affiche-Les-brasiers-de-la-colere.jpg


 

A Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux. Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe. Endetté jusqu’au cou, Rodney se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat, un caïd local sociopathe et vicieux. Peu après la libération de Russell, Rodney disparaît. Pour tenter de le sauver, Russell va devoir affronter DeGroat et sa bande. Il n’a pas peur. Il sait quoi faire. Et il va le faire, par amour pour son frère, pour sa famille, parce que c’est juste. Et tant pis si cela peut lui coûter la vie.

 

 

 

 


 

Quatre ans après Crazy Heart, Scott Cooper a encore choisi de situer son nouveau film dans une petite ville de l'Amérique profonde, au cœur de la "Rust Belt", région industrielle sinistrée par les différentes crises et plus particulièrement par celle de 2008, au moment où se situe l'histoire des Brasiers de la colère. Cette région du nord-est des Etats-Unis, fleuron de l'industrie lourde jusque dans les années 70, voit sa population décroître au point que certaines petites villes sont aujourd'hui quasiment dépeuplées. C'est à Braddock, en Pennsylvanie, que Scott Cooper a tourné ce deuxième film.

 

Dans une ville ouvrière, Russell (Christian Bale, dans un de ses plus beaux rôles) tente de joindre les deux bouts en faisant des heures supplémentaires dans l'aciérie où travaillait déjà son père, aujourd'hui mourant. Son frère Rodney (Casey Affleck, toujours plein d'ambigüité et de rugosité), dévasté par plusieurs missions en Irak, refuse de se plier à cette vie et s'engage dans des combats de boxe clandestins pour essayer de rembourser ses nombreuses dettes. Scott Cooper plante le décor d'une tragédie annoncée dans cette Amérique exsangue et dont on ne voit pas comment elle se relèvera de la désespérance dans laquelle la violence et la pauvreté l'ont plongée. A la manière de Michael Cimino, auquel on pense fatalement, le réalisateur met en scène une spirale inexorable de la violence. Dans un montage parallèle troublant, le film suit Russell qui part à la chasse avec son oncle pendant que Rodney part combattre pour un caïd fou dangereux (Woody Harrelson, plus flippant que jamais). Quand l'un laisse finalement partir un cerf après l'avoir tenu dans son viseur (comme De Niro dans Voyage au bout de l'enfer), l'autre fonce tête baissée vers son destin, associé à une violence déchaînée, presque génétique. L'Amérique selon Scott Cooper, c'est ça, ce dilemme entre une violence aux fondements de son existence et un légalisme chevillé au corps. Entre vengeance et justice des tribunaux, Russell devra choisir. Mais le réalisateur a déjà scellé le sort d'un pays dans une séquence finale pas si académique. Scott Cooper tient ses promesses et livre un film intense qui, malgré quelques maladresses, s'inscrit dans une belle histoire du cinéma américain.

 

 

...HB...

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