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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Pour son premier long-métrage, Les chèvres de ma mère, Sophie Audier a filmé pendant plus de deux ans sa mère, éleveuse de chèvres, qui cessait son activité et vendait son troupeau. Un documentaire émouvant sur la transmission et les difficultés de la vie agricole contemporaine.

 

 

Affiche-Les-chevres-de-ma-mere.jpg


 

Sur un plateau isolé des gorges du Verdon, Maguy fabrique depuis 40 ans du fromage de chèvres dans le respect de la nature et des animaux. Bientôt à la retraite, elle doit céder son troupeau. Elle décide alors de parrainer Anne-Sophie, une jeune agricultrice qui souhaite s'installer. Au fil des saisons, le processus de transmission s'avère être un douloureux renoncement pour l'une et un difficile apprentissage pour l'autre. Peut-on encore aujourd'hui transmettre le goût de la liberté ?

 

 

 

 


 

Sophie Audier est une scripte formée à la FEMIS et qui a déjà réalisé un court-métrage documentaire en 1998, Dis-moi, mon charbonnier, récompensé du prix Nanook au Bilan du film ethnographique de Paris. Pour son premier long, elle a choisi de filmer sa mère, Maguy, une éleveuse de chèvres qui s'apprête à prendre sa retraite après quarante ans d'activité. Maguy a quitté la ville peu après mai 68 et a suivi l'utopie d'alors en retournant à la nature, s'installant sur un plateau presque inhabité des Gorges du Verdon, dans le sud de la France. Aidée par celui qui sera le père de la réalisatrice, Maguy va se lancer en 1973 dans l'élevage de chèvres et la fabrication de fromage. Mais ce que filme sa fille, c'est la décision de se retirer et de céder son troupeau à une jeune agricultrice fraîchement diplômée, Anne-Sophie.

 

La réalisation est simple mais belle, avec des paysages somptueux et encore sauvages, où seules émergent quelques fermes, dont celle de Maguy. Sophie Audier ne se contente pas de rendre hommage à sa mère et à sa vie de travail, elle nous donne aussi à voir les difficultés rencontrées par la jeune génération d'agriculteurs pour s'installer, croulant sous des contraintes administratives qui n'existaient pas il y a quarante ans. En choisissant de parrainer Anne-Sophie, Maguy compte lui transmettre, outre son troupeau, son savoir-faire, mais se rend compte que les temps ont changé et que la fabrication du fromage passe aujourd'hui, là aussi, par une standardisation, au détriment de la saveur si particulière de la spécificité de chaque ferme. Au fil des saisons (entre l'hiver 2010/2011 et le début de l'année 2013), Maguy comprend aussi que la cession de ses chèvres est peut-être la chose la plus difficile à vivre pour elle, après quarante années de passion pour son métier. Devant cette femme d'une immense pudeur, qui ne se dévoile pas facilement et se montre parfois assez dure, Sophie Audier garde une retenue respectueuse. On aurait parfois aimé apprendre à mieux la connaître, mais ce tendre portrait, en forme de tableau générationnel, est toujours touchant. Et enfin, les chèvres s'avèrent être des "actrices" particulièrement espiègles, cocasses et attachantes.

 

 

...HB...

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