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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Mona Achache signe son deuxième long-métrage, Les gazelles, co-écrit par son actrice principale, Camille Chamoux. Au-delà d'une énième comédie romantique, le film surprend par une belle écriture et un ton juste, malheureusement saccagés par une très mauvaise mise en scène.

 

 

Affiche-Les-gazelles.jpg


 

Marie et Eric, trentenaires en couple depuis le lycée, signent l'achat de leur premier appartement quand Marie est saisie d’un doute vertigineux. Sa rencontre avec un beau brun ténébreux va précipiter sa décision : elle quitte Eric pour plonger dans le grand bain du plaisir et de la liberté. Mais elle va surtout se manger le fond de la piscine… Et découvrir un monde sans pitié : à son âge, le célibat est vite perçu comme une tare suspecte. Eclairée par des amitiés nouvelles, Marie va apprendre à envisager son célibat comme une chance d'où elle pourrait sortir plus forte, et enfin prête à être heureuse.

 

 

 

 

 


La comédie romantique à la française est de nouveau à l'affiche avec Les gazelles, énième production estampillée Canal Plus sur le mal-être des "célibattantes" trentenaires. Mona Achache, responsable de l'adaptation poussive du Hérisson (lire l'article du 6 juillet 2009), signe son deuxième long, sur un scénario co-écrit avec Camille Chamoux, humoriste au physique girl next door qui monte en ce moment, et actrice principale de ces Gazelles. Globalement, le film est une bonne surprise dans le climat désespérément médiocre de la romcom française. Le scénario déjoue de nombreux clichés et les actrices sont excellentes, notamment Anne Brochet et Audrey Fleurot, en séductrice grande gueule cachant un cœur fragile et brisé.

 

Le film révèle une véritable qualité d'écriture, entre vannes bien envoyées et sociologie assez pertinente des trentenaires citadins d'aujourd'hui : les filles célibataires, les hipsters, les jeunes déjà vieux, les "bruns barbus" (un nouvel avatar du séducteur branché qui revient comme un gimmick)… Dans un monde où il est "étrange" (au mieux) pour une femme d'être célibataire après 30 ans, les actrices incarnent brillamment un phénomène qui supplante le modèle traditionnel : la bande de filles. Et nous ne sommes pas dans la bande de "fifilles", trop girly, mais bien dans l'équivalent des films de potes que la comédie américaine a si souvent présentés. Le défaut majeur des Gazelles tient alors à sa réalisation, peu efficace et sans ambition cinématographique. Quant au montage, très cut (et jump cut), il rappelle trop les formats courts de Canal (Bref) et devient lassant sur 1h40. On se réjouit tout de même de voir la comédie romantique française aborder enfin une réelle noirceur, sous les vannes, qui évite intelligemment le happy ending classique pour laisser entrevoir notre solitude moderne.

 

 

...HB...

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