Partager l'article ! "Les Lyonnais", un film d'Olivier Marchal: Olivier Marchal poursuit sa carrière de réalisateur avec Les Lyonnais, film noir ...
Olivier Marchal poursuit sa carrière de réalisateur avec Les Lyonnais, film noir avec Gérard Lanvin en tête d'affiche. Basé sur une histoire vraie, ce nouveau long-métrage revient sur un milieu que l'ancien flic connaît bien. Film de genre efficace à défaut de finesse.
De sa jeunesse passée dans la misère d’un camp de gitans, Edmond Vidal, dit Momon, a
retenu le sens de la famille, une loyauté sans faille, et la fierté de ses origines. Il a surtout conservé l’amitié de Serge Suttel. L’ami d’enfance avec qui il a découvert la prison à cause d’un
stupide vol de cerises. Avec lui, inexorablement il a plongé dans le Grand Banditisme, et connu l’apogée du GANG DES LYONNAIS, l’équipe qu’ils ont formée ensemble et qui a fait d’eux les plus
célèbres braqueurs du début des années soixante dix. Leur irrésistible ascension prend fin en 1974, lors d’une arrestation spectaculaire.
Aujourd’hui à l’approche de la soixantaine, Momon tente d’oublier cette période de sa vie. Sa rédemption, il l’a trouvée en se retirant des "affaires". En prenant soin de Janou, son épouse, qui a
tant souffert à l’époque et de ses enfants et petits enfants, tous respectueux, devant cet homme aux valeurs simples et universelles, lucide et pétri d’humanité. A l’inverse de Serge Suttel, qui
malgré le temps n’a rien renié de son itinéraire...
Pour son cinquième film, Olivier Marchal continue de faire revivre les fantômes de sa carrière passée, où les flics et les voyous sont au bord des limites. Depuis sa troisième réalisation, 36 Quai des orfèvres (2004) et ses 13 millions d'euros de budget, il est devenu un poids lourd du genre. Il a créé la série à succès Braquo sur Canal et a bénéficié de plus de 15 millions de budget pour tourner Les Lyonnais, déjà vendu à 40 pays avant même sa sortie française.
Pour la première fois, Olivier Marchal se place du côté des voyous, en s'inspirant de la vie d'Edmond Vidal, membre et leader du Gang des Lyonnais qui a défrayé la chronique dans les années 1970 pour ses braquages assez "propres", sans effusion de sang. Si le personnage incarné par Gérard Lanvin est réel, ses anciens complices ne le sont pas tous, à commencer par Serge Suttel (interprété par Tchéky Karyo) qui est la synthèse de plusieurs personnes croisées dans le parcours de "Momon". Olivier Marchal a hésité à faire son film en deux parties, comme le Mesrine de Richet, avant d'y renoncer mais de produire une première version de plus de trois heures. La vie actuelle de Momon est éclairée par de nombreux flashbacks de sa jeunesse avec Suttel et les coups du Gang jusqu'à la prison. A la suite d'un montage assez sauvage, le film est réduit à 1h45 et y perd très certainement. Si le réalisateur maîtrise évidemment les codes du milieu et offre de savoureux dialogues, la réalisation ne fait pas dans la finesse et le montage est peu délicat.
Mêlant code d'honneur et relations ambigües tissées entre flics et voyous, Olivier Marchal ne prend pas de risques et propose une production dans la lignée des précédentes avec plus de bonheur que dans MR 73, mais sans la poésie violente et virile de 36 Quai des orfèvres. Reste un casting de gueules attrayant (Lionnel Astier, Daniel Duval, François Levantal...), l'interprétation magistrale d'Olivier Rabourdin en flic revenu de tout et une atmosphère poisseuse et pesante que le cinéaste a su imposer depuis plusieurs années.
...HB...
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