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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 16:46

 

Premier long-métrage de Cyril Mennegun, Louise Wimmer s'est fait remarquer à la dernière Mostra de Venise, notamment pour l'interprétation de son actrice Corinne Masiero. Portrait d'une femme qui prend la crise de plein fouet, ce drame social est toutefois plein d'espoir.

 

 

Affiche Louise Wimmer


 

Après une séparation douloureuse, Louise Wimmer a laissé sa vie d’avant loin derrière elle. A la veille de ses cinquante ans, elle vit dans sa voiture et a pour seul but de trouver un appartement et de repartir de zéro. Armée de sa voiture et de la voix de Nina Simone, elle veut tout faire pour reconquérir sa vie.

 

 

 

 


 

En ce début d'année, le cinéma français est préoccupa par la crise qui frappe le monde depuis quelques années. Avec Une vie meilleure  de Cédric Kahn qui sort le même jour et Dans la tourmente de Christophe Ruggia la semaine suivante, Louise Wimmer est une autre variation sur les effets de la crise sur le quotidien d'hommes et de femmes qui se battent pour ne pas couler.

 

Cyril Mennegun vient du documentaire et on sent dans sa démarche un souci de réalité, sans pour autant tomber dans le misérabilisme. Louise Wimmer est un personnage assez revêche, voire même antipathique dès les premières séquences. Jamais il ne cherche à en faire une victime. Le réalisateur affirme d'ailleurs : "C'est un exemple de femme qui n'a jamais baissé les yeux, à la fois sublime et monstrueuse, une méchante femme, une drôle de voix, avec de la douleur en elle". Il nous montre le quotidien d'une femme à l'aube de la cinquantaine et qui a tout perdu (mari, enfant, logement) en quelques mois suite à une séparation. Il ne lui reste qu'un emploi à mi-temps de femme de chambre et sa voiture, dans laquelle elle dort et qui contient tout ce qu'elle possède encore. Cette voiture, le second personnage principal du film, fonctionne de bric et de broc mais ne doit pas tomber en panne. C'est le dernier véritable lien qu'elle a avec la société. Dès qu'elle démarre le moteur, l'autoradio, bloqué, crache Sinnerman, le standard free-jazz de Nina Simone. Louise finira par ne plus le supporter et se débarrassera de l'appareil après une danse sous forme de transe, comme une libération.

 

Louise Wimmer, incarnée à la perfection par Corinne Masiero (repérée à la télévision par le réalisateur), survit plus qu'elle ne vit. Elle se lave dans les toilettes d'un bar tenu par une femme elle aussi seule (magnifique Anne Benoît) et qui ne lui pose pas de questions. Car à la précarité s'ajoute la honte, les humiliations quotidiennes, la petitesse d'un manager coincé dans sa vie minable. Ce qui est beau dans le film de Cyril Mennegun, c'est que cette femme ne sombre jamais, elle s'accroche à sa dignité et ne baisse pas la tête. Malgré la précarité, elle reste une femme. Certes, elle ne peut plus se permettre d'être coquette (sublime scène où elle emprunte le maquillage et la robe d'une cliente chez qui elle fait le ménage pour se rappeler qu'elle a sûrement été une séductrice), elle a du poil sous les bras, mais elle a aussi une vraie sexualité, épanouie et pas sordide. Louise Wimmer est aussi un corps, une sensualité, une femme qui plaît toujours.

 

Le film fait aussi l'état des lieux d'un pays (la France, mais c'est sûrement le cas dans tous les pays occidentaux) qui s'écroule petit à petit. Mais tout n'est pas perdu puisque Cyril Mennegun clôture son histoire sur l'espoir d'une vie meilleure (et bien plus intéressante que le film de Cédric Kahn qui porte ce nom). Le dernier plan, celui du visage enfin souriant de Louise, baigné par la lumière, est d'une beauté fracassante.

 

 

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Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
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