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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Lynn Shelton avait séduit avec Humpday et continue d'explorer l'amitié et l'amour en huis clos dans Ma meilleure amie, sa sœur et moi. Porté par un excellent trio d'acteurs, le film tient sa réussite à de petites choses, un ton et une subtilité qui font mouche.

 

 

Affiche-Ma-meilleure-amie--sa-soeur-et-moi.jpg


 

Jack est encore sous le coup de la disparition récente de son frère. Alors pourquoi ne pas accepter l'invitation d'Iris, sa meilleure amie, dans son chalet familial afin de passer une semaine seul à méditer sur sa vie ? Mais à son arrivée, Jack trouve la maison déjà occupée par Hannah, la sœur d'Iris, venue y soigner une blessure amoureuse. Après une soirée très arrosée suivie de l'arrivée inopinée d'Iris elle-même, le trio va aller de situations délicates en révélations inattendues...

 

 

 

 


 

Monteuse de formation, la réalisatrice Lynn Shelton avait séduit la critique en 2009 avec son troisième long-métrage Humpday, dans lequel deux potes hétéros se lancent le défi de tourner un porno gay amateur. Yvan Attal en a depuis réalisé un remake poussif, Do not disturb (lire l'article du 6 octobre 2012). Tourné fin 2010, en seulement douze jours et avec un budget infime, Ma meilleure amie, sa sœur et moi explore toujours le thème de l'amitié mise à l'épreuve, avec l'amour non-dit et fratrie en supplément.

 

Quand Jack (Mark Duplass, excellent) débarque dans le chalet familial de son amie Iris (Emily Blunt) pour se "vider la tête" alors qu'il ne parvient pas à faire le deuil de son frère mort un an plus tôt, il tombe sur Hannah (Rosemarie DeWitt, parfaite et lumineuse), lesbienne végétalienne un peu rigide qui vient de quitter sa compagne. La réalisatrice filme le trio dans la petite maison, comme un laborantin observe les souris dans un cube de verre, passant de la cuisine aux chambres et au salon. Le travail sur le son et le filmage parfois approximatif font sentir le manque de moyens et la rapidité du tournage, mais les dialogues sont ciselés et mêlent habilement humour et sujets plus graves (deuil, solitude, complexes).

 

Lynn Shelton équilibre son film entre blagues potaches (une touffe pubienne et un préservatif trafiqué) et introspection de groupe. Malgré quelques facilités et quelques faux pas (la musique mal choisie et trop présente), le film touche par sa subtilité de point de vue, sa sensibilité et son goût pour l'autodérision. Dans sa dernière partie, il s'offre même le luxe de proposer une vision singulière du bonheur et de la famille. Lynn Shelton, en monteuse habile, achève son film sur une ouverture, qui laisse libre court à l'imagination et aux envies du spectateur. Une jolie surprise et une cinéaste à surveiller de près.

 

 

...HB...

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