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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Sean Ellis, l'auteur du miraculeux Cashback, revient avec Metro Manila, un film violent et désespéré mais aussi empreint d'un romantisme noir. Un drame parfois maladroit mais à l'esthétique saisissante.

 

 

Affiche-Metro-Manila.jpg


 

Aspirant à une vie meilleure, Oscar Ramirez et sa famille quittent les montagnes du nord de la Philippine où ils vivent et viennent s'installer dans la ville de Metro Manila. Proie idéale dans cette ville impitoyable, Oscar va devoir tout risquer pour les siens.

 

 

 

 

 


Sean Ellis a démarré sa carrière comme photographe de mode, pour le magazine Vogue ou des couturiers comme Jean-Paul Gaultier. Il se lance dans la réalisation dans les années 2000 et son second essai, Cashback, obtient l'Oscar du meilleur court-métrage. En 2006, il en propose une version développée pour son premier long qui porte le même nom. Cashback est un petit chef-d'œuvre d'humour et de poésie qui connut un succès d'auteur en France lors de sa sortie en janvier 2007. Après un film d'horreur qui ressemblait à un exercice de style (The Broken), le cinéaste devient avec Metro Manila "le réalisateur qu'il voulait être".

 

Lors d'une visite à Manille en 2008, Sean Ellis a assisté à une rixe d'une extrême violence entre deux convoyeurs de fonds. Obsédé par cette altercation, il a écrit le scénario de Metro Manila et a mis plusieurs années avant de trouver les financements. Son film met en scène une famille de fermiers philippins qui ne s'en sortent plus avec la misère que rapporte la récolte du riz et décident de tenter leur chance à la capitale. Du calme de la campagne, ils sont propulsés dans une grande ville effrayante et tentaculaire. Le montage son est admirable et retranscrit parfaitement l'angoisse et le sentiment de déroute de la famille.

 

Dans cette nouvelle aventure, la famille se retrouve dans un bidonville et sans ressources. Oscar, le père de famille, se fait rouler par des rabatteurs sans scrupule mais finit par trouver un emploi risqué au sein d'une compagnie de convoi de fonds. Sean Ellis ne nous épargne rien des humiliations subies par Oscar et sa femme Mai, obligée de se laisser tripoter pour quelques sous dans le bar à hôtesses qui l'a engagée. Si la mise en scène est admirable et la photo (signée Ellis bien sûr) somptueuse, les clichés égrainés sur les Philippines (violence, prostitution, pédophilie…) finissent par créer un malaise devant une complaisance à humilier les personnages systématiquement. Mais ces clichés sont aussi le reflet d'un pays en proie à une violence extrême.

 

Petit à petit,  le film se resserre sur le couple Oscar / Mai, dont l'amour semble décuplé par les épreuves.  Metro Manila se révèle alors habile à revisiter les motifs du romantisme dans un décor de plus en plus glauque, mais pourtant pas dénué de poésie. Pour l'aspect documentaire de la pauvreté à Manille, on pense à John John de Brillante Mendoza, mais le film rappelle aussi les polars mélodramatiques propres au cinéma asiatique. Sean Ellis a su apporter sa maîtrise formelle à des thèmes locaux qu'il a intégrés parfois maladroitement. A noter l'utilisation de Casta Diva par Maria Callas, comme un écho à la bande-son de Cashback.

 

 

...HB...

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