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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

L'actrice italienne Valeria Golino passe derrière la caméra pour son premier long-métrage, Miele, présenté au dernier Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard. Un film lumineux et brillamment mis en scène sur un sujet délicat -l'euthanasie- et un beau portrait de femme.

 

 

Affiche-Miele.jpg


 

Irène, belle jeune femme solitaire, vit dans sa bulle, coupée des autres par son lecteur MP3. Elle a un net penchant pour la dépense physique, sportive voire sexuelle. Alors que ses proches la croient étudiante, elle se fournit régulièrement en puissants sédatifs vétérinaires qu'elle rapporte clandestinement en Europe. Son but : aider clandestinement à mourir les personnes atteintes d'une maladie incurable et qui souhaitent en finir. Un jour, elle rencontre un vieil intellectuel désabusé qui perturbe les règles du jeu. Celui-ci se porte comme un charme mais à cause de ses nombreux échecs et la fatigue qui le gagne, il n'a plus le goût de vivre...

 

 

 

 


 

Valeria Golino est bien connue des spectateurs français pour ses rôles dans des films italiens (Respiro) comme français (36 quai des orfèvres) et américains (Hot Shots). Après un court-métrage en 2010, elle n'a pas choisi la facilité pour son premier long-métrage, en traitant un sujet épineux, l'euthanasie, "un sujet tabou en Italie, bien plus que dans n’importe quel autre pays européen" selon les propos de la réalisatrice qui a adapté le roman Vi perdono" écrit par Mauro Covacich, sous le pseudonyme d'Angela del Fabbro.

 

Miele ne se positionne pas pour ou contre l'euthanasie. A l'inverse du film à thèse, il interroge sur cette activité controversée qu'est le suicide assisté. Sous le pseudo de Miele, Irene aide les malades à mourir dignement : une vieille dame rongée par un cancer, un jeune homme atteint d'une maladie génétique… Mais quand elle fournit des barbituriques à l'atypique monsieur Grimaldi, elle ignore qu'il a une "santé de fer" mais veut quitter ce monde qu'il trouve "trop laid", après une "belle vie".

 

Si les convictions militantes de la jeune femme l'encouragent à aider les malades en fin de vie, elle se refuse à fournir l'arme pour le suicide d'une personne en bonne santé. Le vieil homme est pourtant d'une lucidité confondante et pose une question dérangeante : pourquoi un malade mériterait-il de mourir plus dignement qu'un bien portant ? Miele / Irene voit ses certitudes bousculées et ne parvient plus à mener cette double vie apparemment tranquille, avec un amant et un père aimant d'un côté et son activité létale de l'autre. Par la nage (intensive) et le sexe, elle semble vouloir aller au bout de ses limites physiques et cette rage cache mal une solitude profonde, en partie due au secret qui pèse sur sa vie.

 

On pardonnera les quelques faiblesses scénaristiques, comme les courts flashbacks, souvenirs de l'enfance avec une mère aimée et partie trop tôt, après une agonie, source de sa vocation militante. Valeria Golino filme les rituels macabres de Miele avec une maîtrise étonnante pour un premier film. Cette femme-enfant qui donne la mort fascine au-delà de la question du suicide assisté. C'est le portrait d'une trentenaire seule et paumée que propose la réalisatrice.

 

 

...HB...

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