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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Avec Mon âme par toi guérie, François Dupeyron renoue avec le drame intimiste et offre un rôle en or à Grégory Gadebois, à la hauteur de son talent. Le réalisateur convainc avec son magnifique portrait d'un homme blessé, un peu moins avec son histoire d'amour.

 

 

Affiche-Mon-ame-par-toi-guerie.jpg

 


Frédi a perdu sa mère. Cette dernière lui a transmis un don, dont il ne veut pas entendre parler. Mais il se trouve peu à peu contraint de reconnaître que ses mains guérissent... Il s'interroge. D'où vient ce don ? Qu'importe, il l'accepte...

 

 

 

 

 


On avait laissé François Dupeyron en 2009 avec le très décevant Trésor, dont il avait repris le tournage après la mort de Claude Berri. On préfère se souvenir de La chambre des officiers, Aide-toi et le ciel t'aidera, voire même de son adaptation un peu sage de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. Le réalisateur a eu toutes les peines du monde à monter ce nouveau film, adapté de son propre roman, faisant face au refus de toutes les chaînes de télévision pour les financements et à la plupart des producteurs. Mais au-delà des considérations matérielles, Dupeyron est un cinéaste singulier. Il retrouve ici Yves Angelo, chef opérateur de génie, qui éclaire ce film à contre-jour, dans les rayons de soleil et une étrange couleur américaine qui donne au Var des allures de far west.

 

Frédi (immense Grégory Gadebois) vient de perdre sa mère qui lui a transmis un don, celui de guérir par ses mains. Homme blessé et taiseux, il boit pudiquement des bières avec son père ravagé par le chagrin (Jean-Pierre Darroussin, extraordinaire) et ses amis (mention spéciale à Marie Payen). En avatar de Robert Mitchum, il va être obligé d'accepter son don quand un terrible accident de la route avec un enfant le met face à sa propre vie. Le premier plan le montre à moto, au bord de la mer, avec Nina Hagen plein les oreilles. Le film alignera les plans-séquences fluides et assez virtuoses, au plus près de l'acteur. La première heure est à couper le souffle de pudeur, de sensibilité et de justesse dans ce portrait d'homme paumé. La rencontre avec Nina (Céline Sallette, qui offre une composition alcoolique rappelant Gena Rowlands) va tout changer. Et c'est aussi là que le film va montrer quelques signes de faiblesse. Certaines séquences fonctionnent à merveille (les scènes de bar et dans le mobile home), d'autres tombent à plat (les scènes dans la grande maison du peintre).

 

François Dupeyron réussit à intégrer un souffle épique et détaché de tout rationalisme dans une approche où le réel s'insinue partout. Cet équilibre difficile est la beauté du film, parfois sa maladresse aussi, comme certains dialogues trop (bien) écrits. Le film se referme comme il s'est ouvert, à moto, comme une fuite en avant, mais en chemin, Frédi a peut-être, à son tour, trouvé quelqu'un pour le guérir.

 

 

...HB...

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