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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Après le chef-d'œuvre Take shelter, Jeff Nichols revient avec Mud, son troisième film. Le réalisateur américain livre un film puissant, entre classicisme et modernité, et s'impose comme un nouveau grand nom, digne héritier de Terrence Malick.

 

 

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Ellis et Neckbone, 14 ans, découvrent lors d’une de leurs escapades quotidiennes, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est Mud : un serpent tatoué sur le bras, un flingue et une chemise porte-bonheur. Mud, c’est aussi un homme qui croit en l’amour, une croyance à laquelle Ellis a désespérément besoin de se raccrocher pour tenter d’oublier les tensions quotidiennes entre ses parents. Très vite, Mud met les deux adolescents à contribution pour réparer un bateau qui lui permettra de quitter l’île. Difficile cependant pour les garçons de déceler le vrai du faux dans les paroles de Mud. A-t-il vraiment tué un homme, est-il poursuivi par la justice, par des chasseurs de primes ? Et qui est donc cette fille mystérieuse qui vient de débarquer dans leur petite ville de l’Arkansas ?

 

 

 

 


 

L'an dernier, Jeff Nichols frappait très fort avec Take shelter (lire l'article du 7 janvier 2012), drame familial et apocalyptique sur fond de crise économique. Dans la foulée, il présentait son successeur, Mud, au Festival de Cannes. Ce troisième long-métrage est désormais sur les écrans. Plus classique et moins spectaculaire, Mud est néanmoins dans la lignée de précédents films du cinéaste (Shotgun Stories avait déjà fait son petit effet). On y retrouve son goût pour la famille, l'amitié, les difficultés sociales, les régions du Sud des USA et la nature aussi belle que dangereuse. Le centre de gravité du film n'est pas tant Mud (le personnage brillamment incarné par Matthew McConaughey) que le jeune Ellis (Tye Sheridan, déjà remarqué dans The tree of life de…Terrence Malick). Autour de l'adolescent, se croisent les destins de Mud, Juniper, Tom, Neckbone, sa famille, entre mythologie américaine, histoires d'amour et apprentissage de la vie. Le film croise la chronique familiale (sans verser dans le misérabilisme), la romance, le suspense et la contemplation. On pense à Tom Sawyer et Huckleberry Finn. Le cinéaste admet d'ailleurs avoir "volé certains détails à Mark Twain, par exemple, la croix dans les bottes de Mud, c'est de cette manière que Tom et Huck savent que le père de Huck est dans les parages".

 

La magie de Mud opère dans sa lumière, signée Adam Stone, très naturelle et rappelant, là encore, les images de Terrence Malick, en particulier Les moissons du ciel et The tree of life. Les mouvements de caméra suivent souvent le cours du Mississippi, pour de longs travelings avant et arrière, somptueux et fluides. Les décors de Mud évoquent ceux du récent Les bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin, mais Nichols propose un film beaucoup plus simple et ancré dans la nature et la terre (ou le sable). A la manière de Ryan Gosling dans Drive ou The place beyond the pines, Matthew McConaughey est fétichisé avec une musculature omniprésente, les rayons du soleil accentuant sa beauté singulière, la moto et les tatouages. Mais Jeff Nichols n'oublient pas les seconds rôles, sublimes : San Shepard, Sarah Paulson, le fidèle Michael Shannon ou  Reese Witherspoon. Le cinéaste ose même le happy-end après une fusillade d'anthologie. Plus accessible en apparence que le sommet Take shelter, Mud séduit par son authenticité et sa générosité. Le meilleur film américain de l'année ?

 

 

...HB...

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