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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Kelly Reichardt passe un cap dans sa carrière avec Night Moves, son nouveau long-métrage, toujours ancré dans son Oregon natal. Jesse Eisenberg est exceptionnel dans ce thriller atypique, à la mise en scène sobre et virtuose.

 

 

Affiche-Night-Moves.jpg


 

Josh travaille dans une ferme biologique en Oregon. Au contact des activistes qu'il fréquente, ses convictions écologiques se radicalisent. Déterminé à agir, il s'associe à Dena, une jeune militante, et à Harmon, un homme au passé trouble. Ensemble, ils décident d'exécuter l'opération la plus spectaculaire de leur vie...

 

 

 

 


 

La cinéaste Kelly Reichardt, originaire de l'Oregon, ne cesse de filmer sa région depuis son troisième film, l'éclatant Old Joy (2007) puis Wendy & Lucy (lire l'article du 10 avril 2009). Après un film historique (La dernière piste), elle revient aux thématiques de notre temps en signant un thriller étonnant sur fond de militantisme écolo. Loin de la volonté faire passer un quelconque message politique, le réalisatrice reste sur son sujet de prédilection : la nature, à la fois cocon originel et lieu de la perte de l'innocence. Jesse Eisenberg (un des acteurs américains les plus séduisants et les plus doués de sa génération) et Dakota Fanning (qui a bien grandi depuis La Guerre des Mondes de Spielberg) incarnent deux jeunes militants écologistes, avec toute la fougue idéaliste de leur jeunesse. Avec un militant plus chevronné (Peter Sarsgaard, inquiétant), nous comprenons vite qu'ils en veulent à un barrage de leur région…

 

Kelly Reichardt trouve le ton juste avec une mise en scène qui se joue des codes du thriller tout en restant dans sa veine poétique, contemplative et peu bavarde. Petit à petit, le puzzle se met en place et la première partie retrace la préparation du plan et la fabrication de la bombe artisanale. Au centre du film, une séquence presque muette est sublimée par une prodigieuse mise en scène. C'est l'approche du barrage en bateau, lors d'une "virée nocturne" ("night moves"). La cinéaste joue avec le hors champ, privilégiant l'ellipse au spectaculaire. Dans une seconde partie, ce sont les conséquences de leurs actes sur les deux protagonistes principaux qui vont intéresser la réalisatrice. Jesse Eisenberg, qui était calme et taciturne, va devenir agité, terrifié et inquiétant, comme si son engagement politique était une manière de cacher des fêlures profondes, une incapacité à vivre en communauté. Refusant de se positionner dans le débat sur l'activisme, Kelly Reichardt offre une séquence finale ouverte, glaçante par le vertige de ses incertitudes. Le cinéma indépendant américain a décidément une nouvelle icône, comme la sœur imaginaire de Jeff Nichols.

 

 

...HB...

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