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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Darren Aronosky livre sa version de l'Arche de Noé avec Russell Crowe et Jennifer Connelly. Un spectacle apocalyptique et au créationnisme nauséabond, en dépit de quelques jolies trouvailles visuelles.

 

 

Affiche-Noe.jpg


 

Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

 

 

 

 


 

Darren Aronofsky a connu la consécration internationale en 2000 avec le cultissime Requiem for a dream. Dix ans plus tard, il connaît un nouveau triomphe mondial avec le très beau Black Swan (lire l'article du 13 février 2011). Mais raconter l'odyssée de Noé et son Arche est, paraît-il, un rêve d'enfant. Les studios hollywoodiens lui ont donc permis de donner (presque) libre court à son interprétation du Livre. Dans tous ses films, Aronofsky observe et décortique des personnages en proie aux tourments du corps et de l'âme (l'addiction à la drogue dans Requiem for a dream, la schizophrénie paranoïde de Black Swan, les migraines chroniques de Pi).

 

Ce qui étonne le plus dans Noé, c'est le peu de cas accordé aux animaux, rapidement embarqués dans un magma numérique puis endormis dans l'Arche comme pour se débarrasser d'eux. Ce qui intéresse Aronofsky, c'est la cellule familiale menée par le patriarche (Russell Crowe, que l'on a connu plus inspiré) et son obsession de servir Dieu qui vire à ce que l'on appellerait aujourd'hui l'intégrisme. Pour le bien de la Nature et de la Création, l'Humanité doit s'éteindre avec ses enfants, qui ne doivent pas engendrer de descendance. Quand il découvre la noirceur intrinsèque de la nature humaine, Noé est pris du sentiment que sa mission divine est de ne surtout pas permettre à l'Homme de survivre à ce "nouveau départ", puisqu'il a mené l'œuvre de Dieu à sa perte depuis le péché originel. Qu'importe à Noé si ses proches ne le voient plus comme un Elu mais comme un barbare prisonnier d'une foi aveuglante, le patriarche est le pilier d'une tragédie, au sens mythologique du terme. La mission divine doit-elle être accomplie contre le bien personnel et au risque d'annihiler la cellule familiale ? Faut-il sacrifier le nouveau-né, seule possibilité de descendance ? Malheureusement, le film ne répond à ces questionnements que de manière bien pataude, avec une maladroite apologie (involontaire ?) du créationnisme. Seules les séquences oniriques, avec un jeu d'ombres chinoises et un montage accéléré d'inserts (type Requiem for a dream), gardent un peu d'intérêt. Le reste est avalé dans une bouillie historico-mystique un peu indigeste.

 

 

...HB...

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