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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Pour son deuxième film, Joseph Kosinski adapte son propre roman graphique, Oblivion. Tom Cruise est à l'affiche de ce film de science-fiction très esthétique qui pose la question de la mémoire et de comment retrouver ce qu'on a perdu.

 

 

Affiche-Oblivion.jpg


 

2077 : Jack Harper, en station sur la planète Terre dont toute la population a été évacuée, est en charge de la sécurité et de la réparation des drones. Suite à des décennies de guerre contre une force extra-terrestre terrifiante qui a ravagé la Terre, Jack fait partie d’une gigantesque opération d’extraction des dernières ressources nécessaires à la survie des siens. Sa mission touche à sa fin. Dans à peine deux semaines, il rejoindra le reste des survivants dans une colonie spatiale à des milliers de kilomètres de cette planète dévastée qu’il considère néanmoins comme son chez-lui. Vivant et patrouillant à très haute altitude de ce qu’il reste de la Terre, la vie "céleste" de Jack est bouleversée quand il assiste au crash d’un vaisseau spatial et décide de porter secours à la belle inconnue qu’il renferme. Ressentant pour Jack une attirance et une affinité qui défient toute logique, Julia déclenche par sa présence une suite d’événements qui pousse Jack à remettre en question tout ce qu’il croyait savoir.

 

 

 

 


 

Joseph Kosinski s'est fait connaître au cinéma en 2010 avec Tron : l'héritage, qui avait frappé par sa qualité visuelle. Le réalisateur est à la base un infographiste, venu des effets spéciaux et des jeux vidéo. Il adapte Oblivion, son roman graphique. Le cinéaste en herbe impose déjà un univers singulier et pointu. Loin des clichés de la SF, plein de combats et d'explosions, Oblivion séduit par son rythme assez lent, son esthétique sublime, sa musique (signée M83) et son goût de l'épure. Le film rappelle Wall-E des studios Pixar mais aussi les motifs de la SF des années 70.

 

La première partie du film est centrée sur le tandem Jack Harper (Tom Cruise) / Vika (Andrea Riseborough) et leur vie sur une "Tour" au-dessus de la Terre en attendant de rejoindre la colonie spatiale. Le film recrée un pavillon high-tech et chic à plusieurs kilomètres d'altitude, avec la plus belle piscine du monde, suspendue dans l'espace. Cet équilibre va voler en éclats quand Jack découvre dans une explosion sur Terre une survivante, Julia (Olga Kurylenko). En effet, la jeune femme a l'apparence de celle qui peuple les rêves de Jack. Le tournant du film se situe ici. Après "l'effaçage-mémoire", les agents ne doivent avoir aucun souvenir de leur passé. Mais Jack Harper est hanté par des visions : il est heureux, avec une jeune femme sur l'Empire State Building. La conviction qu'il a une mission à accomplir va l'amener à découvrir un secret qui va tout changer…

 

Oblivion est conçu pour et autour de Tom Cruise, comme la plupart de ses films cette dernière décennie. L'acteur américain qui, à 50 ans, en paraît toujours 30, continue d'habiter les films de son paradoxe. Il a l'image de l'Américain de base, voire du modèle, bien foutu, les cheveux en ordre, plutôt conservateur, mais en même temps on sent une vraie folie intérieure chez cet homme, ce qui fascine visiblement les réalisateurs, de Spielberg à Kubrick en passant par Scorsese. Dans Oblivion, l'acteur est entouré d'Andrea Riseborough (repérée déjà dans W./E. de Madonna et Shadow Dancer de James Marsh) et Olga Kurylenko (vue récemment dans A la merveille de Terrence Malick).

 

La beauté de Oblivion est de mettre de côté le sensationnel, malgré des scènes de combat spectaculaires, en faveur d'une abstraction formelle et de l'exploration d'un sentiment rare dans la SF, la mélancolie, celle d'un homme qui pense que son monde est perdu à jamais. Joseph Kosinski s'attache à suivre ce qu'il reste d'humain dans ce monde futuriste, notamment avec le paradis perdu (et caché) recréé par l'agent Jack Harper, en récupérant des objets du passé : des livres, des disques (notamment A whiter shade of pale de Procul Harum) et des objets de notre quotidien… Oblivion séduit, en dépit de quelques facilités dans le scénario, par son inventivité esthétique.

 

 

...HB...

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