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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Après Paradis : Amour, Ulrich Seidl dévoile en même temps les deux derniers volets de sa trilogie, Paradis : Foi et Paradis : Espoir. Le cinéaste continue de mettre en scène les maux de l'Occident. Le volet Foi impressionne encore une fois, Espoir déçoit un peu.

 

 

 

Affiche-Paradis-Foi.jpgAffiche-Paradis-Espoir.jpg


 

PARADIS : FOI

Son Paradis, c'est Jésus. Anna Maria, une femme d'une cinquantaine d'années a décidé de consacrer ses vacances d'été à prêcher l'amour du Christ. Accompagnée de la statue de la Vierge, elle sillonne son voisinage. Mais sa vie bascule quand, après des années d'absence, son mari, musulman, revient d'Egypte... Une lutte intérieure s'engage alors pour Anna Maria entre son mariage et la Foi inconditionnelle qu'elle porte à Jésus.

 

PARADIS : ESPOIR

Mélanie passe ses vacances d’été dans un centre d’amaigrissement très strict. Entre les activités sportives, les conseils nutritionnels, les batailles d’oreillers et les premières cigarettes, elle tombe sous le charme du directeur du centre, un médecin de 40 ans son aîné. Elle l’aime comme on aime la toute première fois et cherche désespérément à le séduire. Conscient que cet amour est impossible, il tente de lutter contre le sentiment de culpabilité qui l’envahit. Melanie avait imaginé son paradis bien différemment…

 

 

 

 

 

 


 

Au début de l'année, Paradis : Amour avait marqué les esprits par son regard radical (lire l'article du 12 janvier 2013). Ulrich Seidl enfonce le clou avec les deux autres volets de sa trilogie Paradis. Dans Foi, il met en scène une quinquagénaire ultra-religieuse, obsédée par son amour pour Jésus, qui passe le plus clair de son temps libre (et de ses vacances d'été) à prier, se flageller, astiquer sa maison et faire du porte à porte avec une Vierge Marie sous le bras. Anna Maria est la sœur de Teresa, la sugar mama du volet Amour, et elle va se retrouver confrontée au retour imprévu de son mari musulman alors que sa foi catholique penche de plus en plus vers l'intégrisme et la déraison. Dans Espoir, on suit Melanie, la fille adolescente de Teresa (et nièce d'Anna Maria), dans une cure d'amaigrissement. Elle va tomber amoureuse d'un médecin de 40 ans son aîné et connaître la "force désespérée des premières amours".

 

Le cinéma d'Ulrich Seidl puise sa force dans l'aspect documentaire, l'usage de plans-séquences, l'absence de dialogues préécrits et l'emploi d'acteurs pour la plupart non professionnels. Dans Foi, il filme, seule presque tout le temps, une femme dont la croyance catholique verse dans la folie. Les scènes de flagellation ou d'extase "christique" sont particulièrement difficiles à regarder. Sans effets de surenchère, il décrypte l'isolement intérieur d'une femme qui bascule dans l'intégrisme. La mise en scène précise et aride de Seidl fuit le lyrisme à toute force et trouve dans cette sècheresse une véritable émotion. Le volet Espoir convainc légèrement moins car les enjeux sont plus personnels et moins sombres. Mais la trilogie de Seidl dresse un portrait sans concession d'une société (occidentale) en déroute. Cinéaste percutant, Ulrich Seidl met le spectateur face à son propre monde.

 

 

...HB...

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