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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 17:24

 

Karin Viard est à l'affiche du premier long-métrage de Pierre Pinaud, Parlez-moi de vous. Comédie romantique et chronique de la solitude, le film aborde le thème de l'abandon et du rapport aux autres. Si l'actrice est toujours très convaincante, le film déçoit avant d'offrir une fin intéressante.

 

 

Affiche-Parlez-moi-de-vous.jpg

 

 

A 40 ans, Mélina est la voix la plus célèbre de France. Animatrice à la radio, la nuit à l’antenne elle résout les problèmes affectifs et sexuels des auditeurs avec impertinence, humour et sans tabou. Tout le monde connaît sa voix, mais personne ne connaît son visage. Dans la vie, elle évite tout contact et vit comme une vieille fille dans les beaux quartiers. Partie à la recherche d’une mère qu’elle n’a jamais connue, elle découvre que celle-ci vit au sein d’une famille nombreuse, en banlieue. Elle décide de s'approcher d'elle, incognito....

 

 

 

 

 

Karin Viard est devenue au fil des années 2000 une actrice majeure du paysage cinématographique français. Sa filmographie, foisonnante et en dents de scie, compte d'ailleurs le meilleur (Polisse et Le bal des actrices de Maïwenn, Le rôle de sa vie de François Favrat, Haut les cœurs ! de Solveig Anspach qui lui a valu le César de la meilleure actrice en 2000, Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc, Potiche de François Ozon ou Paris de Cédric Klapisch) comme le pire (France Boutique de Tonie Marshall, Les ambitieux de Catherine Corsini ou Les randonneurs à Saint-Tropez de Philippe Harel). Pierre Pinaud, lui, a obtenu le César du meilleur court-métrage en 2008 pour son très beau Les miettes. Pour son passage au long, il a choisi l'actrice populaire à la fois capable de comédie et d'émotion.

Le film met en scène Mélina (pseudo de Claire Martin), star de la radio pour son émission rappelant bien sûr celle de Macha Béranger dans laquelle les auditeurs (essentiellement des auditrices) appellent pour raconter leurs problèmes et demander à l'animatrice des conseils. Cette femme, la quarantaine, les écoute chaleureusement et reçoit un courrier très important qu'elle lit et conserve dans des classeurs soigneusement rangés, comme tout dans sa vie. Car elle est psychorigide, à mille lieux de son attitude à la radio. Figée dans des tailleurs d'égérie hitchcockienne, Mélina / Claire Martin vit seule dans un appartement cossu du 16ème arrondissement où tout a une place définie. Le rituel des chaussures, de la cigarette du soir sur le balcon et l'obsession de la symétrie et de l'ordre sont autant de composantes de sa personnalité. Elle écoute les autres pour éviter de parler d'elle, le dispositif est évident. Il n'y a que son chien, son seul compagnon, qui reçoit ses confidences, sûrement parce qu'il ne risque pas de les répéter, elle qui est obsédée par le secret et a demandé l'anonymat comme clause de son contrat. Claire Martin (prénom et nom extrêmement communs) est une enfant abandonnée par une mère qui ne pouvait pas l'assumer et l'a laissée chez les sœurs en lui promettant de revenir la chercher, ce qu'elle n'a jamais fait. Quand elle retrouve la trace de sa mère, elle décide de l'aborder anonymement, sa marque de fabrique pour une enfant qui n'a pas eu de reconnaissance civile. Sa mère, Joëlle, incarnée par Nadia Barentin (décédée juste après le tournage) est son exact opposé : chaleureuse, avec une gouaille populaire et un parler "fleuri", vivant avec sa nouvelle famille dans une banlieue modeste et un joyeux bordel.

La qualité du film est dans l'interprétation de Karin Viard et de Nadia Barentin, moins dans celle de Nicolas Duvauchelle, peu à l'aise dans son rôle d'amoureux maladroit. La mise en scène est soignée, avec des dialogues bien pensés et du burlesque bien vu, comme la scène de l'hôpital, terrifiante, dans laquelle Claire menace sa mère de lui couper son respirateur si elle ne lui dit pas qu'elle l'aime ; le comique tutoie ici un terrible constat, celui d'un besoin d'amour et de reconnaissance qui lui ont manqué toute sa vie. Chaque confrontation où Claire veut avouer la vérité à Joëlle est interrompue avec de bonnes idées par une tierce personne. Mais là où le film se perd, c'est dans les clichés sur les classes sociales (les "vraies" gens sont plus rustres mais toujours tellement plus généreux dans leur simplicité) et dans sa façon de passer à côté de sujets passionnants comme l'univers de la radio ou l'incapacité à dire ses sentiments.

 

 

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Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
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