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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Anne Fontaine est partie en Australie tourner son premier film en anglais, Perfect Mothers, avec Robin Wright et Naomi Watts. Un drame sur le désir qui transgresse la morale, thème récurrent chez la réalisatrice.

 

 

Affiche Perfect Mothers


 

Inséparables depuis le premier âge, Lil et Roz vivent en parfaite osmose avec leurs deux enfants, deux jeunes garçons à la grâce singulière et qui semblent des prolongements d’elles-mêmes. Les maris sont absents. Inexplicablement, et pourtant comme à l’évidence, chaque femme se rapproche du fils de l’autre, nouant avec lui une relation passionnelle.
A l’abri des regards, dans un Eden balnéaire presque surnaturel, le quatuor va vivre une histoire hors norme jusqu’à ce que l’âge vienne mettre un terme au désordre. En apparence, du moins...

 

 

 


 


 

Perfect Mothers est l'adaptation du best-seller Les grands-mères de Doris Lessing, dont l'auteure explique qu'il s'agit d'une histoire vraie qu'un jeune homme lui a racontée dans un bar australien. Anne Fontaine a été séduite par le roman qui abordait ses thèmes de prédilection. Désir, tabous, sexualité interdite, fantasmes inavouables, intrusion d'un corps étranger dans un cercle familial, Nettoyage à sec, Nathalie… ou Entre ses mains brassaient déjà ces sujets.


Robin Wright et Naomi Watts (parfaites, en sensualité et ambigüité) incarnent Roz et Lil, deux amies qui ont grandi ensemble dans un rapport fusionnel, exclusif et à la limite de l'homosexualité. Elles habitent deux maisons voisines au bord de la mer, dans une petite ville d'Australie. Elles sont chacune un fils et les rejetons, Tom et Ian (James Frecheville et Xavier Samuel) sont d'inséparables amis. Lil vit seule avec son fils depuis le décès de son mari, et Roz se retrouve dans la même situation quand son mari Harold est muté à Sydney. C'est là que tout va basculer. Ian cède à son désir pour Roz et cette dernière entame une relation avec le fils de sa meilleure amie. De leur côté, Tom et Lil font de même, d'abord par rivalité avant de se prendre au jeu.

 

Le film séduit par sa photo soignée, presque trop parfois, donnant un aspect publicitaire aux images paradisiaques du village australien. Devant le problème moral évident que posent ces relations néo-incestueuses, Anne Fontaine choisit de ne pas juger, mais, d'une certaine manière, botte en touche en rendant la situation "anormalement normale". Les deux amies vont faire l'éducation sexuelle de leurs fils, en attendant qu'ils trouvent une fille de leur âge. La première partie du film est la plus réussie, montrant la montée du désir et la mise en place d'un dispositif trop malsain pour perdurer. Dans une seconde partie, deux ans après la naissance de ce quatuor amoureux, la réalisatrice met en scène la rupture du système avec le mariage de Tom qui va rompre le contrat. Si les actrices sont exceptionnelles, notamment Robin Wright qui trouve là un de ses meilleurs rôles, le film semble perdre son cap dans la dernière demi-heure. A force de ne pas être justifiées, les relations du quatuor perdent en intensité et le film bascule dans le vaudeville. On aurait préféré se concentrer sur ce qui pousse les deux femmes à accepter cette relation pour le moins étrange : refus de vieillir, transfert de leur propre relation non consommée sur leurs fils, fantasme pervers… Le film ne choisit pas et offre, au lieu de la tragédie annoncée, une fin étonnamment douce. Perfect Mothers ne manque pas d'intérêt, loin de là, mais peine à convaincre totalement. A noter que le film est dédié à Luc Barnier, le célèbre monteur décédé en septemrbe 2012 et qui n'a pu achever son travail.

 

 

...HB...

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