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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Stephen Frears réunit Judi Dench et Steve Coogan dans Philomena, un mélodrame bourré d'humour inspiré d'une histoire vraie. Entre secrets de famille et histoire de l'Eglise en Irlande, le film séduit entre rire et émotion.

 

 

Affiche-Philomena.jpg


 

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver. Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony.

 

 

 

 


 

Stephen Frears aime changer de genre. Parmi ses plus grands films, on retrouve Les liaisons dangereuses (1988), The Queen (2006) ou Chéri (lire l'article du 14 mai 2009), mais aussi des projets plus surprenants comme le thriller dramatique Dirty Pretty Things (2002), la comédie Tamara Drewe (lire l'article du 18 juillet 2010) ou le ratage Lady Vegas (2012). Sur l'impulsion de l'acteur Steve Coogan, qui a coécrit le scénario, le cinéaste adapte à présent le roman Philomena : The true story of a mother and the son she had to give away de Martin Sixsmith, journaliste à l'origine de cette histoire et que l'acteur anglais incarne ici. Après avoir rencontré les protagonistes, "nombre de leurs conversations dans le film sont inspirées de ces entretiens" souligne Coogan.

 

Philomena, c'est une vieille dame qui pleure le jour du cinquantième anniversaire de son fils qu'on lui a arraché à l'âge de trois ans. Ce soir-là, elle ne peut plus garder son secret. Enceinte adolescente, des bonnes sœurs l'ont forcée à travailler avant de lui enlever son enfant (comme à de nombreuses jeunes filles) pour le faire adopter par de riches Américains. Stephen Frears tient son film sur deux fronts. En premier lieu, il s'agit de retrouver la trace de cet enfant. Mais, en toile de fond, c'est surtout l'histoire de l'Eglise en Irlande qui intéresse le réalisateur, qui cite d'ailleurs l'excellent film de Peter Mullan, The Magdalene Sisters, quand il évoque les conditions de vie des jeunes "filles-mères" dans les institutions catholiques jusque dans les années 60. Philomena (Judi Dench, parfaite dans ce qui est peut-être son plus beau rôle) n'arrive pas à condamner les mensonges des sœurs tant la culpabilité tout catholique qu'on lui a inculquée l'étouffe depuis toujours. Sa souffrance est l'expiation de son péché.

 

Le tour de force de Stephen Frears est de conjuguer harmonieusement le mélodrame de cette "aventure humaine" que le journaliste est d'abord si réticent à raconter ("des histoires d'esprits faibles et incultes racontées à des esprits faibles et incultes") avec un ton comique toujours bienvenu. Les dialogues sont savoureusement ciselés et portés par un duo d'acteurs épatants. Une bien belle surprise de la part du cinéaste après quelques films mineurs.

 

 

...HB...

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