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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 22:50

 

Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, Polisse, le troisième long-métrage de Maïwenn est sur les écrans. Coup de poing dans le ventre, ce nouveau film est un drame sur la misère humaine et un vrai faux documentaire sur la Brigade de Protection des Mineurs. Polisse devrait être le grand gagnant de la prochaine cérémonie des Césars 2012.

 

 

Affiche-Polisse.jpg


 

Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ? Fred, l’écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

 

 

 

 


 

Avec Pardonnez-moi et Le bal des actrices (lire l'article du 28 janvier 2009), Maïwenn avait déjà fait forte impression et posé les jalons d'une réalisation mêlant sans cesse fiction et documentaire. Après avoir réglé ses comptes avec sa famille et dressé un portrait décapant des actrices françaises, elle s'est intéressée à la Brigade de Protection des Mineurs. Elle retrouve pour cela des acteurs de son dernier film (Marina Foïs, Karin Viard, Joeystarr et Karole Rocher) et une pléiade de nouveaux venus (Nicolas Duvauchelle, Frédéric Pierrot, Jérémie Elkaïm, Naidra Ayadi, Wladimir Yordanoff…) et se met en scène avec sa coscénariste Emmanuelle Bercot.

 

Maïwenn reste dans son style avec ce bordel organisé qui fait désormais sa patte, mais avec une densité encore plus forte et le constat d'une France qui a mal. Au détour d'une scène de pause-déjeuner, on perçoit les problèmes d'une équipe qui peut être tout aussi bien celle des flics ou celle des acteurs d'aujourd'hui. Les collègues se disputent sur la place de la police, le changement d'image sous l'ère Sarkozy, les limites à ne pas franchir, entre l'anodin et l'obscène. Dans ce barnum foutraque, on peut reprocher bien des choses à Maïwenn (de ratisser large ou de rester parfois en surface d'une douzaine d'affaires au lieu d'en approfondir une seule) mais on ne peut lui enlever une incroyable énergie qui porte le film de bout en bout, pendant 2h07, avec des dialogues excellents et un montage nerveux.

 

La réalisatrice s'est beaucoup documentée et assure que les affaires que la Brigade traite sont toutes inspirées de faits réels. Et en effet, elle nous en met plein la gueule : grand-père incestueux, père dont on il est difficile de savoir s'il est coupable de viol sur sa fille ou si son ex-femme pousse la fillette à mentir, prof de gym dévasté par le désir pour un élève, père de famille qui terrorise sa femme et prétend que sa fille s'offre à lui (troublante Sandrine Kiberlain et terrible Louis-Do de Lencquesaing), ou encore cette scène déchirante où une femme abandonne son enfant pour qu'il ne dorme pas dehors que la cinéaste nous assène au visage et aux oreilles (les cris de l'enfant la rendent insoutenable)… Maïwenn s'intéresse aussi aux rapports tendus entre des flics dont l'activité contamine la vie privée (altercation mémorable entre une Karin Viard remarquable et une excellente Marina Foïs anorexique et sèche). La meilleure trouvaille est d'ailleurs celle-ci, de montrer les échos de ces affaires dans la vie privée des flics, comme la scène où Joeystarr (impeccable, la révélation totale sur ce film) donne le bain à sa fille après une énième audition d'un pédophile. Mais le film ne manque pas d'humour non plus, et heureusement. L'équipe est hilare quand une ado déclare qu'elle a accepté de faire une fellation pour récupérer son téléphone "parce que c'est un beau portable quand même"…

 

Maïwenn signe un coup de maître, avec les débordements qu'on lui pardonne (depuis son premier film…) et une énergie à couper le souffle. Polisse arrache le spectateur pendant plus de deux heures et la scène finale restera longtemps dans les mémoires. Le coup de poing de Cannes et des futurs Césars.

 

 

...HB...

Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
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Commentaires

Très émouvant, très dur aussi. Un beau mélange entre le film et le documentaire.

Commentaire n°1 posté par Iza le 30/10/2011 à 11h47

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…HB…
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