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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Denis Villeneuve signe un polar percutant avec Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal. Prisoners relate la semaine qui suit l'enlèvement de deux fillettes et met en scène la vengeance d'un père fou de douleur. Entre le bien et le mal, le réalisateur s'interroge sur la justice et la loi du talion.

 

 

Affiche Prisoners 


 

Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable… Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent.

 

 

 

 

 

 

Le réalisateur canadien Denis Villeneuve a reçu de nombreuses récompenses avec son précédent film, Incendies. Deux ans plus tard, il revient avec son premier film américain qui questionne la justice et la vengeance. Le cinéaste explique le titre de son film : "Chaque personnage du film est, d’une manière ou d’une autre, prisonnier des circonstances, de ses propres démons ou de la peur. Chacun doit faire face à un emprisonnement qui lui est propre, et va devoir se battre pour retrouver la liberté." C'est effectivement moins l'identité du coupable de la disparition des fillettes qui l'intéresse que les conséquences sur la vie des familles et les différentes réactions des uns et des autres.

 

Dans une banlieue américaine visiblement sans histoires, deux petites filles sont enlevées en plein jour de Thanksgiving. Les soupçons se portent immédiatement sur Alex Jones, le chauffeur d'un camping-car au profil trouble, jeune trentenaire avec l'âge mental d'un enfant de dix ans. C'est Paul Dano qui incarne ce rôle complexe d'un être à la fois victime et bourreau. Si les circonstances semblent l'accabler, dans quelle mesure est-il impliqué dans la disparition des enfants ? Un jeune flic efficace (Jake Gyllenhall) va mener l'enquête et faire face à un père de famille (Hugh Jackman, intense comme jamais) ravagé par la douleur et animé d'un violent esprit de vengeance envers celui dont il est persuadé qu'il est l'auteur du kidnapping, le jeune Alex Jones.

 

Prisoners, au-delà de sa trame de thriller relativement convenue, pose magistralement deux questions : comment réagir face à la perte d'un enfant et jusqu'où peut-on aller pour apaiser sa soif de vengeance ? L'enquête s'avère difficile et les coupables ne sont pas toujours ceux que l'on pense. Catholique fervent, Keller, le père de famille, ne veut rien lâcher de ses certitudes et va faire face à ses vieux démons alors que le second père de famille, tout aussi dévasté, va se montrer plus défaitiste, mais aussi plus légaliste. Keller croit en la loi du talion et une scène saisissante le montre en plein Notre Père en train de buter sur "pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés"… Ici, les victimes deviennent les pires bourreaux. L'Amérique, plongé dans le repli sur soi et la paranoïa survivaliste, apparaît encore une fois victime de sa foi en l'individualisme. Mais Denis Villeneuve a l'intelligence de ne pas juger à froid une situation violente et urgente. Prisoners s'achève sur une incertitude, renvoyant le spectateur à sa propre conscience.

 

 

...HB...

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