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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Gus Van Sant réalise Promised Land sur un scénario de Matt Damon et John Krasinski et avec ces deux derniers en tête d'affiche aux côtés de Frances McDormand. Un film politique en forme de thriller économique porté par une mise en scène élégante et une belle interprétation. Gus Van Sant se réinvente, dans l'air du temps.

 

 

Affiche-Promised-Land.jpg


 

Steve Butler, représentant d’un grand groupe énergétique, se rend avec Sue Thomason dans une petite ville de campagne. Les deux collègues sont convaincus qu’à cause de la crise économique qui sévit, les habitants ne pourront pas refuser leur lucrative proposition de forer leurs terres pour exploiter les ressources énergétiques qu’elles renferment. Ce qui s’annonçait comme un jeu d’enfant va pourtant se compliquer lorsqu’un enseignant respecté critique le projet, soutenu par un activiste écologiste qui affronte Steve aussi bien sur le plan professionnel que personnel…

 

 

 

 


 

Promised Land est un scénario écrit par John Krasinski et Matt Damon, et que ce dernier devait réaliser. Faute de temps pour la préparation, l'acteur a demandé à son ami Gus Van Sant de lire le scénario et celui-ci a tenu immédiatement à le réaliser. Le cinéaste retrouve Matt Damon 15 ans après le triomphe de Will Hunting et 10 ans après le somptueux Gerry. Après le ratage Restless (lire l'article du 26 septembre 2011), Gus Van Sant revient en force avec un sujet politique terriblement d'actualité.

 

L'extraction du gaz de schiste a provoqué bien des débats en France ces dernières années, et aux USA également. Matt Damon, engagé politiquement et pour la préservation de l'environnement, s'est intéressé à ce sujet, tout comme Gus Van Sant, par capillarité. Mais dans Promised Land, c'est la pure mise en scène qui semble réellement passionner le cinéaste. Habitué aux exercices de style depuis son remake plan par plan de Psychose ou son chef-d'œuvre Elephant en hommage à Alan Clarke, il reprend le flambeau humaniste et politique de Harvey Milk pour ce film-dossier sur la ruralité aux USA en 2013. Gus Van Sant filme le ciel et les nuages mieux que personne et dans la campagne américaine, sa caméra enchante des paysages âpres et des vies déshéritées.

 

L'intelligence de Promised Land est de ne pas se placer d'emblée du "bon" côté, c'est-à-dire celui de la défense de l'environnement. Le film suit les deux représentants Steve (Matt Damon) et Sue (Frances McDormand, une des plus grandes actrices américaines, faut-il le rappeler ?) dans leur combat pour faire accepter (et voter) le forage dans les terrains des fermiers locaux, moyennant finances. Ces représentants d'un capitalisme cynique et forcené ne sont pas caractérisés par la cupidité et l'indifférence, bien au contraire. Gus Van Sant montre la complexité du combat politique et économique. "It's just a job !" commente Sue. En s'attachant au personnage de Steve, le cinéaste prend à revers le spectateur, qui s'identifie malgré lui au représentant sans vergogne, celui qui est du "mauvais" côté de la barrière. Mais c'est une sorte de parcours initiatique que nous montre Gus Van Sant, avec un peu de maladresse dans les dix dernières minutes, décevantes car tranchant avec la noirceur du propos tenu pendant 1h30. Promised Land s'avère néanmoins être un sacré bon film, étonnant et captivant.

 

 

...HB...

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