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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Devant le succès de leurs films respectifs, KMBO a décidé de sortir en France un film inédit de 2009 réalisé par Tobias Lindholm et Michael Noer et intitulé sobrement R. Sur la même base qu'Un prophète, le film dévoile le parcours tragique d'un jeune homme dans une prison danoise.

 

 

Affiche-R.jpg

 


Rune est un jeune criminel qui vient d’arriver en prison. Il découvre ce nouveau monde régi par les codes et les missions à exécuter. Réduit à néant, il n’est désormais qu’un numéro, que la lettre R. Dans sa quête de survie, il rencontre Rachid, un jeune musulman, avec lequel il met en place un trafic qui lui permet d’être désormais respecté. Mais leur réussite suscite la convoitise d’autres détenus, qui ne tarderont pas à leur faire savoir.

 

 

 

 


 

En 2009, Tobias Lindholm et Michael Noer, avec une solide expérience de scénariste pour le premier et de documentariste pour le second, réalisent ensemble leur premier long-métrage de fiction, R, resté inédit en France jusqu'à ce début d'année 2014. Cette sortie tardive est due au succès (d'auteur) rencontré par leurs deuxièmes films, Hijacking de Tobias Lindholm (lire l'article du 11 juillet 2013) et le très intense Northwest de Michael Noer (lire l'article du 11 octobre 2013). Seul acteur professionnel sur le plateau, Pilou Asbaek sera d'ailleurs à l'affiche de Hijacking tandis que le débutant Dulfi Al-Jabouri sera dans Northwest et alors que Roland Moller (lui aussi ex-taulard) tiendra une place importante dans les deux films…

 

La trame narrative de R rappelle furieusement celle d'Un prophète de Jacques Audiard (lire l'article du 2 septembre 2009). Un jeune homme prend une peine de prison relativement légère (deux ans) mais comme il a poignardé un membre du clan présent dans cette prison, il va devenir le souffre-douleur et le factotum de la bande des "danois", avant de monter son petit business avec un jeune musulman (Rachid) rencontré en cellule. De petit criminel, il va apprendre en prison les ficelles du métier de gangster. Mais les cinéastes ne signent pas une charge anti carcérale, ils constatent avec un réalisme saisissant la violence inouïe de la vie en prison. La plupart des acteurs étaient d'ailleurs détenus dans la prison où le film a été tourné.

 

Loin du lyrisme sombre de Jacques Audiard, les deux réalisateurs adoptent une approche plus documentaire, inspirée, de leur propre aveu, des frères Dardenne. Ainsi, rien ne sera épargné au spectateur pendant 1h40, sans jamais quitter les couloirs de la prison. La caméra suit au plus près le destin -forcément- tragique de Rune (Pilou Asbaek est d'une intensité exceptionnelle) qui est presque de tous les plans. Dans une scène à la fois cocasse et surréaliste, les détenus organisent un match de foot entre deux inséparables, dans leur cage. Une mise en abyme troublante de prisonniers qui observent des oiseaux évoluer dans leur propre cage. Ce premier film de Tobias Lindholm et Michael Noer annonçait le style de deux cinéastes à suivre de très près dans les prochaines années. De Dreyer à Lars Von Trier en passant par Nicolas Winding Refn, on sait que le cinéma danois est grand.

 

 

...HB...

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