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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Premier film de Diego Quemada-Diez, remarqué à Cannes, Rêves d'or - La jaula de oro est un drame coup de poing très documenté sur les migrants latino-américains vers les Etats-Unis. Interprétation puissante et mise en scène précise.

 

 

Affiche-Reves-d-or---La-jaula-de-oro.jpg


 

Originaires du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux États-Unis. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien du Chiapas ne parlant pas l’espagnol et qui se joint à eux. Mais, lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité…

 

 

 

 


 

Si le réalisateur espagnol Diego Quemada-Diez propose son premier film, il n'est pas pour autant un débutant dans le cinéma. En 1995, il est assistant de Ken Loach (Land and freedom) puis collabore avec Inarritu, Spike Lee ou Oliver Stone. Pour son premier long-métrage, le réalisateur est parti au Mexique sur les traces des migrants vers les Etats-Unis, venus de toute l'Amérique Latine. Tourné en Super 16, Rêves d'or - La jaula de oro revêt un fort aspect documentaire et a d'ailleurs pu compter sur des centaines de figurants eux-mêmes en route pour les USA.

 

Dès la première séquence (qui rappelle un peu celle de John John de Brillante Mendoza), Quemada-Diez impose le visage fermé de son héros Juan (Brandon Lopez, épatant comme les autres jeunes acteurs) dans un filmage à l'épaule tremblant et un montage vif. Avec deux amis (dont sa copine, grimée en garçon pour éviter de rejoindre les réseaux de prostitution), il entreprend depuis le Guatemala un long périple jusqu'aux Etats-Unis, une terre promise fantasmée par tous les migrants comme un idéal de bonheur, de réussite et de liberté.

 

Le film se veut très réaliste et la violence monte crescendo au fur et à mesure de l'approche de la frontière et de la malhonnêteté de nombreux passeurs. Les trois jeunes, dont un Indien ne parlant pas espagnol et qui va nouer tant bien que mal une relation fraternelle grâce au partage des galères, sont le moyen pour le cinéaste de mêler le discours documentaire et une intrigue plus personnelle sur l'amitié et la rage de se sortir de son milieu. Mais le film est terriblement pessimiste (lucide ?) sur les chances de ces jeunes. Au final, même quand Juan atteint les Etats-Unis, il ne sort pas vraiment de son milieu et passe de la pauvreté "légale" à la clandestinité aussi glauque et misérable que sa vie au Guatemala. La brutalité du propos tranche avec la véritable poésie de certaines séquences, notamment la fascination pour la neige ou l'apprentissage de l'autre au-delà de la culture et des mots. Un très beau film par un réalisateur dont on attend avec impatience le deuxième effort.

 

 

...HB...

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