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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Hong Sangsoo livre son nouveau cru, Sunhi, nouvelle variation sur l'indécision amoureuse, l'alcool et le cinéma. La mise en scène est de plus en plus épurée et le cinéaste parvient toujours à séduire en quelques plans.

 

 

Affiche-Sunhi.jpg


 

Diplômée en cinéma, Sunhi rend visite à l’un de ses professeurs, Choi, en vue d’obtenir une lettre de recommandation lui permettant d’aller étudier aux États-Unis. Ce jour-là, elle revoit deux hommes de son passé : son ex-petit ami Munsu et Jaehak, un réalisateur diplômé de la même école qu’elle. Pendant le temps qu’ils passent ensemble, Suhni reçoit leurs différents conseils sur la vie; mais les trois hommes la définissent et parlent d’elle comme s’ils ne la connaissaient pas vraiment. Ils ont curieusement tous les trois la même opinion sur elle, formulée de manière similaire, et leurs réflexions semblent de moins en moins pertinentes. Mais heureusement Sunhi obtient une excellente lettre de recommandation qui la fait espérer que tous les compliments sur le papier correspondent à la réalité.

 

 

 



 

De plus en plus reconnus en France depuis quelques années, les films du prolifique Hong Sangsoo nous parviennent souvent avec quelques mois de retard, alors qu'il est déjà au travail sur un nouveau métrage. Après trois films au succès réjouissant, Matins calmes à Séoul (The day he arrives) (lire l'article du 21 mai 2012), In another country (lire l'article du 15 octobre 2012) et Haewon et les hommes (lire l'aricle du 19 octobre 2013), le réalisateur livre ce qui ressemble au nouvel épisode d'un grand film sur ses obsessions : le cinéma et les relations hommes/femmes, le tout arrosé de soju. Sunhi est une jeune femme "réservée", diplômée de cinéma et qui veut continuer d'étudier (aux Etats-Unis), sûrement par peur de se lancer dans ses rêves de réalisation. Autour d'elle, trois hommes : un professeur qui en pince pour elle, un ex toujours fou amoureux et un réalisateur plus âgé avec qui elle a une histoire.

 

C'est devenu un lieu commun de parler des variations de Hong Sangsoo, mais le cinéaste, avec ce quinzième film, continue bel et bien d'explorer le même thème. Les films sont de moins en moins découpés et Sunhi est composé de nombreux longs plans-séquences fixes dans les lieux habituels : rues de Séoul, parcs et bars où la bière et le soju coulent à flot (ici encore plus que d'habitude). Dans son système de répétition, Hong Sangsoo fait dire aux trois hommes quasiment les mêmes répliques. Il faut "creuser au bout de soi pour trouver qui l'on est" et chaque prétendant donne l'impression de bien connaître la jeune femme. Mais qui est-elle ? Et le sait-elle elle-même ? Plus les descriptions défilent, moins on en apprend. Elle serait réservée, courageuse, innocente, idéaliste, honnête, peu douée pour la communication,  dotée d'un "sens artistique"… Sunhi reste un objet de désir qui a tendance à disparaître subitement (séquence tragi-comique dans le parc) sans plus donner de nouvelles. Plus mélancolique que ses prédécesseurs, Sunhi recèle tout de même des gags et des coups de zoom chers au cinéaste, comme pour sortir le spectateur de la torpeur des vapeurs de soju.

 

 

...HB...

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