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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Baltasar Kormákur revient cette année avec Survivre, d'après l'histoire incroyable mais vraie d'un marin qui a survécu à un naufrage et nagé plus de six heures dans l'eau glacée. Avec, en creux, un portrait de la communauté des pêcheurs islandais.

 

 

Affiche-Survivre.jpg


 

Hiver 1984, un chalutier sombre au large des côtes islandaises. Les membres de l’équipage périssent tous en quelques minutes. Tous sauf un. Dans l'eau glaciale, cette force de la nature parvient, au terme d'une nage héroïque de plus de 6 heures, à regagner la terre. Face à l’incrédulité générale devant son impensable exploit, la vie de cet homme d'apparence ordinaire est alors bouleversée…

 

 

 

 

 


Baltasar Kormákur s'est fait connaître en Europe dès son premier film, 101 Reykjavik, puis il y a quelques années avec Jar City (lire l'article du 12 septembre 2008), un polar rondement mené. Avec quelques films hollywoodiens (Contrebande pour ne citer que le dernier), le cinéaste islandais revient au pays et s'attaque à un fait divers incroyable survenu en 1984. Un marin pêcheur, seul survivant du naufrage de son bateau, réussit à rejoindre la terre en nageant pendant six heures dans une eau glaciale où l'espérance de vie n'excède pas trente minutes. Il marchera encore deux heures, par une température négative, dans la lave gelée avant d'atteindre le premier village. Marqué par le témoignage du survivant pendant son adolescence, Kormákur a décidé d'en faire l'adaptation au cinéma.

 

Survivre se déroule en trois grandes parties : une description du village de pêcheur la veille du départ du bateau, le naufrage, et enfin les retombées de sa survie. Dans une Islande marquée par une nature qui ne fait pas de cadeaux, la communauté de pêcheurs vit plus ou moins paisiblement. Sur le bateau, on ressent la passion des marins pour leur métier en même temps que leur lassitude face aux difficultés de leur activité. Suite à un problème de chalut, le bateau fait naufrage. Kormákur filme cet incident dans une explosion visuelle et sonore saisissante. Durant la nage solitaire du marin rescapé, c'est là aussi le montage sonore qui impressionne autant que les images. La violence de la mer a rarement été aussi bien rendue et le spectateur ne peut qu'être embarqué de force avec le malheureux. C'est le cauchemar de se retrouver seul au milieu de l'océan qui se réalise. C'est la partie la plus réussie du film, à la fois très réaliste et étonnamment poétique. La suite est plus académique : on assiste au retour du miraculé, à l'incrédulité des habitants et aux batteries de tests qu'il doit subir. Il n'en reste pas moins un frisson à l'idée de ce que le marin a pu vivre, entre le miracle d'être encore en vie et la culpabilité d'être le seul à avoir survécu. C'est là que le film aurait pu se montrer plus profond. Mais on retrouve avec toujours autant de plaisir Baltasar Kormákur, fier représentant d'un pays dont on ne voit que trop peu de films.

 

 

...HB...

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