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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Katell Quillévéré présente son deuxième long-métrage, Suzanne, avec une Sara Forestier exceptionnelle. Le parcours de vie sur 25 ans d'une jeune femme face aux obstacles. Intense.

 

 

Affiche-Suzanne.jpg


 

Fille-mère à l'adolescence, Suzanne vit avec son père routier et sa sœur dont elle est inséparable. Sa vie bascule lorsqu'elle tombe amoureuse de Julien, petit malfrat qui l'entraine dans sa dérive. S'ensuit la cavale, la prison, l'amour fou qu'elle poursuit jusqu'à tout abandonner derrière elle...

 

 

 

 

 


Katell Quillévéré a présenté Suzanne en mai 2013 à Cannes en ouverture de la Semaine de la Critique. Après l'accueil favorable de son premier film, Un poison violent, la réalisatrice s'est attachée à décrire 25 ans de la vie d'une jeune femme, de l'enfance à l'âge adulte, entre apprentissage de la vie, bonheurs, deuils, maternité et autres coups durs. La force scénaristique du film repose sur l'art de l'ellipse. En effet, la réalisatrice escamote volontairement certains moments forts de l'existence de son héroïne pour mieux en montrer les conséquences sur son avenir. "La brutalité d’une ellipse peut exprimer, mieux que tout, le bouleversement provoqué par un événement (…) Il est plus intéressant d’être (…) de travailler le personnage de Suzanne par le négatif" déclare Katell Quillévéré. Le film a l'intelligence de laisser hors champ la cavale des amoureux ou le procès. Un simple regard entre Suzanne et son père pendant l'audience en dit bien plus sur l'attachement pudique et les regrets douloureux.

 

Suzanne, c'est Sandrine Bonnaire dans A nos amours de Pialat, qui avait d'ailleurs hésité à donner le prénom comme titre à son film. Il est d'ailleurs flagrant de voir à quel point Sara Forestier, qui irradie le cinéma français ces dernières années, est la descendante de Sandrine Bonnaire. Mais Suzanne, c'est aussi une chanson de Leonard Cohen, point de départ de l'écriture du scénario. "And you want to travel with her, and you want to travel blind" répète le chanteur. Et Katell Quillévéré filme Sara Forestier comme cette tornade imprévisible, qui vit selon son cœur, au mépris de son propre confort et de sa sécurité. Comme chez Pialat, la famille est présente, dans toute sa culpabilité parfois. François Damiens trouve d'ailleurs ici son plus beau rôle et Adèle Haenel confirme les espoirs placés en elle depuis quelques années. Un beau portrait de femme dans une permanente fuite en avant mais qui ne se dérobe pas à ses responsabilités.

 

 

...HB...

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