Présentation

Accueil

Catégories

Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 23:55

 

Deuxième long-métrage de Jeff Nichols, Take shelter ouvre avec panache l'année cinéma 2012. Drame familial et apocalyptique, le film met en scène l'obsession d'un père, victime de la crise économique, pour protéger sa famille d'une tempête fatale qu'il pense imminente. Grand et sombre.

 

 

Affiche-Take-shelter.jpg


 

Curtis LaForche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace d'une tornade l'obsède. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise son couple et provoque l'incompréhension de ses proches. Rien ne peut en effet vaincre la terreur qui l'habite...

 

 

 

 


 

Jeff Nichols avait déjà fait sensation en 2008 avec Shotgun Stories. Son second film, Take shelter, a été présenté au dernier Festival de Cannes à la Semaine de la Critique où il a reçu un accueil chaleureux. Le film reprend le thème de la fin du monde, si présent déjà toute l'année 2011 (Melancholia, Another Earth, Le cheval de Turin…), tout en insufflant celui très actuel de la crise financière qui étouffe le monde. Même si ce n'est pas clairement le sujet du film, la crise est en toile de fond, créant une diégèse anxiogène.

 

Dès le premier plan du film, Curtis (incroyable Michael Shannon, déjà au générique du premier film de Jeff Nichols) a une vision effroyable. Une tornade s'approche de sa maison et il assiste à ce désastre à venir sans pouvoir rien faire, observant une pluie qui ressemble à de l'huile de vidange. Ces visions, des cauchemars épouvantables, Curtis va en faire l'épreuve de plus en plus régulièrement, jusqu'à l'obsession. La sensation de ces rêves est si réelle que sa raison en vacille : après avoir rêvé que son chien l'attaquait violemment, il ressent une douleur au bras toute la journée. Sa femme (Jessica Chastain, révélée en 2011 dans la Palme d'or The tree of life) assiste impuissante à la descente aux enfers de son mari qui ruine le foyer en emprunts pour rénover un abri anti-tempête dans le jardin.

 

Jeff Nichols situe son film dans le Midwest américain et ses vastes plaines étendues à l'infini. Symbole de liberté, ce paysage immense est la prison mentale de Curtis qui voit le danger venir de partout. Dans une société conservatrice (la belle-famille lui reproche son absence répétée aux dernières messes), Curtis se noie dans les valeurs républicaines de la communauté au sein de laquelle il ne parvient plus à donner le change. En outre, sa fille, sourde, doit subir une intervention chirurgicale grâce à la mutuelle professionnelle du père de famille mais il finit par perdre son emploi suite à son obsession apocalyptique. Il incarne l'Américain moyen broyé par le système financier en pleine crise depuis 2008 et incapable d'affronter les crédits qu'il a souscrits.

 

La mise en scène rappelle Phénomènes de M. Night Shyamalan mais aussi des références ponctuelles à Hitchcock ou Terrence Malick. Avec un soin tout particulier accordé aux sons, Jeff Nichols parvient à créer une bande son anxiogène et n'a pas besoin d'artifices pour donner de la grandeur aux scènes de catastrophes qui hantent les nuits de Curtis. Suffisent le vent dans les feuilles, les bruits de chantier, les bruits domestiques ou celui de la pluie… Dans une des scènes les plus fortes, Curtis rend visite à sa mère, internée depuis 25 ans pour une schizophrénie paranoïde. Le poids du secret et de la peur de l'hérédité donnent une puissance incroyable à cet échange. Jeff Nichols impose son rythme, lent et douloureux, pour évoquer une fin du monde (ou celle d'un monde ?). Le final est superbe et ambigu, comme une tragédie qui finirait bien, ou un happy end tragique. En tout cas, c'est le premier choc de 2012, année apocalyptique entre toutes.

 

 

...HB...

Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Rechercher

Remerciements

A ceux qui liront entre mes lignes…
Merci à ceux que...j'aime!
…HB…
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés